Publié le 6 novembre 2024. Une activité physique régulière, même modérée, pourrait retarder l’apparition des symptômes de la maladie d’Alzheimer de plusieurs années chez les personnes à risque, selon une étude internationale menée pendant 14 ans.
- Marcher au moins 5 000 pas par jour est associé à un retard de sept ans dans l’apparition des symptômes chez les personnes présentant des marqueurs biologiques de la maladie.
- Même une activité physique modérée, comme marcher entre 3 000 et 5 000 pas par jour, peut retarder le déclin cognitif de trois ans.
- Les chercheurs soulignent que chaque pas compte et que l’augmentation de l’activité physique, même légère, peut avoir un impact positif sur la santé cérébrale.
Une étude menée par des scientifiques d’Australie, du Canada et des États-Unis a révélé un lien significatif entre l’activité physique et la progression de la maladie d’Alzheimer. Les résultats, publiés dans la revue Médecine naturelle, suggèrent que l’exercice pourrait être une stratégie thérapeutique non médicamenteuse prometteuse pour ralentir le déclin cognitif.
L’équipe de recherche a suivi près de 300 personnes pendant 14 ans, toutes présentant des signes précoces de la maladie d’Alzheimer, mais sans symptômes cliniques apparents. Ces participants présentaient une accumulation élevée de protéines Tau et bêta-amyloïdes dans le cerveau, des marqueurs biologiques associés au développement de la maladie.
L’étude a analysé les données de participants âgés de 50 à 90 ans issus de la Harvard Brain Aging Study. Les chercheurs ont utilisé une tomographie par émission de positons (TEP), une technique d’imagerie médicale non invasive, pour mesurer les niveaux de bêta-amyloïde et de Tau dans le cerveau. L’activité physique des participants a été suivie à l’aide de podomètres.
Les évaluations cognitives annuelles ont permis de constater que les personnes marchant moins de 3 000 pas par jour, et présentant des taux élevés de bêta-amyloïde, affichaient un déclin cognitif plus rapide que les participantes plus actives. À l’inverse, celles qui marchaient entre 3 000 et 5 000 pas par jour bénéficiaient d’un retard moyen de trois ans dans l’apparition des symptômes, tandis que celles qui atteignaient 5 000 à 7 500 pas par jour observaient un retard moyen de sept ans.
« Notre découverte montre que l’augmentation du nombre d’étapes, même légèrement, peut contribuer à ralentir la progression de la maladie d’Alzheimer chez les personnes à haut risque de la développer. »
Jan Chhatwal, consortium de recherche médicale entre l’Université Harvard et les hôpitaux de Boston
Selon les chercheurs, ces résultats pourraient expliquer pourquoi certaines personnes à risque de maladie d’Alzheimer présentent un déclin cognitif plus rapide que d’autres. Ils ouvrent également la voie à l’utilisation de modifications du mode de vie, comme l’augmentation de l’activité physique, comme stratégie thérapeutique.
« Chaque pas compte, et même une légère augmentation de l’activité entraîne une amélioration de la santé cérébrale et cognitive. Rester physiquement actif est un moyen de protéger le cerveau. »
Wai-Ying Wendy Yau, neurologue au Mass General Brigham
Les chercheurs prévoient désormais d’approfondir leurs recherches pour identifier les aspects spécifiques de l’activité physique qui pourraient être les plus bénéfiques pour ralentir la progression de la maladie d’Alzheimer, ainsi que les mécanismes biologiques sous-jacents à cet effet protecteur. Ils espèrent que ces travaux pourront contribuer à la conception de futurs essais cliniques évaluant l’efficacité des interventions basées sur l’exercice physique pour prévenir ou retarder le déclin cognitif chez les personnes âgées.