Publié le 7 novembre 2025 09:44:00. Une étude internationale révèle qu’une activité physique régulière, même modérée, pourrait freiner l’accumulation de dépôts cérébraux liés à la maladie d’Alzheimer, et ainsi préserver les fonctions cognitives chez les personnes âgées.
- Marcher plus de 3 000 pas par jour est associé à une réduction significative des dépôts amyloïdes et tau dans le cerveau.
- L’activité physique modérée (5 001 à 7 500 pas par jour) semble offrir le meilleur bénéfice en termes de protection cognitive.
- Le manque d’exercice est reconnu comme un facteur de risque pour la maladie d’Alzheimer, et cette étude apporte des preuves concrètes de son impact potentiel.
Des chercheurs américains et canadiens ont suivi pendant 14 ans près de 300 personnes âgées, dont 88 présentant déjà des marqueurs biologiques de la maladie d’Alzheimer (dépôts bêta-amyloïdes et protéines tau) mais sans symptômes cliniques apparents. L’étude, publiée cette semaine dans la revue Médecine naturelle, a mis en évidence un lien significatif entre le niveau d’activité physique et la progression de la maladie.
Au début de l’étude, les participants ont porté un podomètre pendant une semaine afin de quantifier leur nombre quotidien de pas. Ils ont ensuite été répartis en quatre groupes : inactifs (3 000 pas ou moins), légèrement actifs (3 001 à 5 000 pas), modérément actifs (5 001 à 7 500 pas) et actifs (plus de 7 501 pas). Les tests cognitifs ont été réalisés annuellement pendant toute la durée de l’étude, parallèlement à des mesures des dépôts amyloïdes et tau dans le cerveau.
Les résultats indiquent que les participants marchant plus de 3 000 pas par jour ont montré une accumulation de dépôts cérébraux plus lente que les personnes les moins actives. Le bénéfice maximal a été observé dans le groupe modérément actif, avec une réduction significative des dépôts et une meilleure performance aux tests cognitifs. Augmenter l’activité physique au-delà de 7 500 pas par jour n’a pas entraîné d’amélioration supplémentaire.
Selon Emrah Düzel, directrice de l’Institut de neurologie cognitive et de recherche sur la démence de l’hôpital universitaire de Magdebourg, ces conclusions confirment des observations antérieures :
« Le manque d’exercice est un facteur de risque établi pour la maladie d’Alzheimer. »
Emrah Düzel, directrice de l’Institut de neurologie cognitive et de recherche sur la démence de l’hôpital universitaire de Magdebourg
Elle souligne que cette étude est la première à démontrer des effets bénéfiques de l’activité physique chez des personnes présentant déjà des modifications cérébrales liées à la maladie. L’activité physique semble ainsi ralentir la progression de la maladie et protéger les fonctions mentales.
Les mécanismes précis par lesquels l’activité physique agit sur le cerveau restent à élucider. Emrah Düzel suppose que le mouvement stimule également les capacités cognitives :
« Les gens doivent naviguer, s’orienter et interagir avec leur environnement. »
Emrah Düzel, directrice de l’Institut de neurologie cognitive et de recherche sur la démence de l’hôpital universitaire de Magdebourg
Des recherches antérieures, menées il y a treize ans par l’ Institut Max Planck pour le développement humain à Berlin, ont montré qu’un entraînement spécifique sur tapis roulant, impliquant une navigation dans un environnement virtuel, pouvait atténuer le déclin lié à l’âge dans certaines zones du cerveau. Cet entraînement avait notamment réduit la dégradation de l’hippocampe, une région essentielle pour l’orientation spatiale. Ces résultats suggèrent qu’une activité physique complète et stimulant les sens est particulièrement bénéfique.
Bien que l’étude soit prometteuse, elle présente certaines limites. René Thyrian, du Centre allemand des maladies neurodégénératives de Rostock, critique le fait que le niveau d’activité physique n’ait été mesuré qu’une seule fois, au début de l’étude. De plus, d’autres formes d’exercice, comme le vélo, n’ont pas été prises en compte. Il souligne également que la conception de l’étude ne permet pas d’établir une relation de cause à effet : il est possible que les participants les plus actifs aient naturellement moins de dépôts cérébraux. Néanmoins, il reconnaît que les résultats sont cohérents avec de nombreuses autres études sur les effets positifs de l’activité physique sur la santé cérébrale.
Pour maintenir une bonne santé cérébrale, il est donc essentiel d’intégrer une activité physique régulière dans son mode de vie. Selon René Thyrian, l’idéal est de choisir une activité qui soit à la fois agréable et facile à intégrer dans la routine quotidienne. Mais un mode de vie sain passe également par une alimentation équilibrée, une stimulation intellectuelle et des interactions sociales.
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