Home SantéLes personnes qui prennent ce somnifère populaire courent un risque beaucoup plus élevé d’insuffisance cardiaque.

Les personnes qui prennent ce somnifère populaire courent un risque beaucoup plus élevé d’insuffisance cardiaque.

by Sophie Martin

Publié le 2024-02-29 10:00:00. Une consommation prolongée de mélatonine, souvent utilisée pour faciliter l’endormissement, pourrait être associée à un risque accru d’insuffisance cardiaque et de mortalité, selon une nouvelle étude portant sur plus de 130 000 personnes.

  • Les utilisateurs de mélatonine sur une période d’au moins un an présentent un risque 90 % plus élevé de développer une insuffisance cardiaque.
  • Ils sont également plus susceptibles de nécessiter une hospitalisation pour des problèmes cardiaques (3,5 fois plus souvent).
  • Le risque de décès, quelle qu’en soit la cause, est presque doublé chez les consommateurs réguliers de mélatonine.

La mélatonine, une hormone naturellement produite par l’organisme pour réguler le cycle veille-sommeil, est largement perçue comme une solution sûre et naturelle contre l’insomnie. Cependant, une analyse récente de données médicales remet en question cette perception. Les chercheurs ont comparé un groupe de personnes consommant de la mélatonine depuis au moins un an à un groupe témoin sans antécédents d’utilisation de ce supplément.

Les résultats sont préoccupants : sur une période de cinq ans, 4,6 % des utilisateurs de mélatonine ont reçu un diagnostic d’insuffisance cardiaque, contre 2,7 % dans le groupe témoin. De plus, les utilisateurs de mélatonine ont été hospitalisés 3,5 fois plus souvent pour des complications cardiaques et ont présenté un risque de mortalité presque deux fois plus élevé.

Il est crucial de souligner que cette étude observationnelle ne peut établir de lien de causalité direct. Il est possible que la mélatonine elle-même contribue à des problèmes cardiaques, mais il est également envisageable que les personnes souffrant d’insomnie sévère aient plus tendance à recourir à ce type de supplément. Les chercheurs soulignent que d’autres facteurs pourraient être en jeu.

L’étude met également en évidence certaines limites méthodologiques. Dans de nombreux pays où la mélatonine est vendue librement, son utilisation n’est pas toujours enregistrée dans les dossiers médicaux. Cela signifie que certains participants du groupe témoin ont pu consommer de la mélatonine sans que cela soit pris en compte, ce qui pourrait sous-estimer les risques réels.

Avant d’envisager une cure de mélatonine, il est donc fortement recommandé de consulter un médecin, en particulier si vous prévoyez de l’utiliser sur une longue période. Une discussion avec un professionnel de santé permettra d’évaluer les bénéfices potentiels et les risques associés à cette pratique.

Source : Association américaine du cœur

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