Publié le 8 novembre 2025 à 09h38. Le cancer du poumon, traditionnellement associé au tabagisme, touche de plus en plus de non-fumeurs en Inde, une tendance inquiétante liée à la pollution atmosphérique et à d’autres facteurs environnementaux. Un oncologue de Bengaluru alerte sur la nécessité d’une vigilance accrue face à des symptômes souvent discrets.
- Environ 25 à 40 % des cas de cancer du poumon en Inde concernent désormais des personnes n’ayant jamais fumé.
- Les symptômes chez les non-fumeurs peuvent différer de ceux observés chez les fumeurs, avec une toux sèche persistante, une fatigue inexpliquée ou une perte de poids comme signes avant-coureurs.
- La pollution atmosphérique, notamment les particules fines (PM2,5), est pointée du doigt comme un facteur de risque majeur.
Le cancer du poumon reste l’une des formes de cancer les plus mortelles au monde, avec un taux de survie de 64 % en cas de détection précoce, mais seulement 8 % aux stades avancés. Selon les Instituts nationaux de la santé, environ 2 millions de diagnostics sont posés chaque année, entraînant 1,8 million de décès.
Face à cette réalité alarmante, et à l’augmentation des cas chez les non-fumeurs, le Dr Satheesh CT, oncologue médical principal à l’hôpital HCG Cancer de Bengaluru, insiste sur l’importance de ne pas négliger les premiers signes.
« Toutes les toux ne sont pas inoffensives, et toutes les histoires de cancer du poumon ne commencent pas par une cigarette. »
Dr Satheesh CT, oncologue médical
L’oncologue explique que l’exposition à la fumée de cuisine, à la pollution atmosphérique et à la fumée secondaire contribue à cette augmentation des cas chez les non-fumeurs. Les particules fines (PM2,5) sont particulièrement préoccupantes, car elles peuvent pénétrer dans la circulation sanguine et endommager les organes.
Pour les patients et les soignants, le Dr Satheesh souligne l’importance de reconnaître les signes avant-coureurs. Chez les non-fumeurs, une toux sèche persistante, un essoufflement à l’effort, une fatigue inexpliquée ou une perte de poids doivent alerter. Chez les fumeurs, des crachats de sang, une respiration sifflante et des infections récurrentes peuvent également être des indicateurs.
Il recommande également de choisir un centre de traitement spécialisé et de s’assurer que des tests génétiques (recherche de mutations EGFR, ALK, etc.) sont effectués pour déterminer la meilleure approche thérapeutique.
« Le cancer du poumon chez les non-fumeurs peut bénéficier davantage de thérapies ciblées que du traitement traditionnel seul. »
Dr Satheesh CT, oncologue médical
Pour prévenir le cancer du poumon, le Dr Satheesh préconise plusieurs mesures : une bonne ventilation de la cuisine, l’utilisation de méthodes de cuisson plus sûres, la limitation des activités de plein air lors des pics de pollution, le port d’un masque dans les zones polluées et l’interdiction de fumer à l’intérieur des habitations. Il insiste également sur l’importance d’une alimentation saine, d’une activité physique régulière et de contrôles médicaux réguliers.
Enfin, l’oncologue conclut que le cancer du poumon en Inde est en train de devenir une maladie multifactorielle, touchant de plus en plus de personnes n’ayant jamais fumé. Il appelle à une prise de conscience collective et à une action rapide pour protéger la santé pulmonaire.
Note aux lecteurs : cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas un avis médical professionnel. Consultez toujours votre médecin pour toute question concernant un problème de santé.