Publié le 9 novembre 2023. Les maladies rénales chroniques touchent désormais près de 800 millions de personnes dans le monde, un chiffre qui a plus que doublé en trois décennies, mais des traitements existent pour ralentir leur progression.
- En 2023, 788 millions de personnes souffraient d’une maladie rénale chronique, entraînant 1,48 million de décès.
- Le diabète, l’obésité et l’hypertension artérielle sont les principales causes de ces maladies.
- L’Allemagne affiche un taux de maladies rénales inférieur à la moyenne mondiale, et en diminution depuis 1990.
Les maladies rénales chroniques représentent un problème de santé publique mondial croissant, mais souvent négligé. Une étude récente, publiée dans la revue médicale The Lancet et menée par une équipe de l’Université de Washington à Seattle, révèle une augmentation alarmante du nombre de personnes touchées. En 2023, 788 millions d’individus dans le monde en souffraient, contre 378 millions en 1990. Cette hausse est en partie due à l’augmentation de la population mondiale et au vieillissement de la population, la maladie étant plus fréquente chez les personnes âgées.
L’étude souligne que ces maladies seront la neuvième cause de décès dans le monde en 2023 et qu’elles sont responsables de près de 12 % de tous les décès liés aux maladies cardiovasculaires. Malgré leur impact significatif, les maladies rénales chroniques reçoivent, selon Theo Vos, le principal auteur de l’étude, beaucoup moins d’attention de la part des décideurs politiques que d’autres maladies non transmissibles.
« Les maladies rénales chroniques continuent de recevoir beaucoup moins d’attention dans la politique de santé que les autres maladies non transmissibles. »
Theo Vos, Université de Washington
La prévalence de ces maladies varie considérablement selon les régions du monde. Elles sont particulièrement répandues en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, où elles touchent 18 % de la population. L’Asie du Sud, l’Afrique subsaharienne et l’Amérique latine et les Caraïbes présentent également des taux supérieurs à la moyenne mondiale. À l’inverse, l’Allemagne se distingue par un taux de 8,4 %, inférieur à la moyenne mondiale et en baisse depuis 1990.
Les chercheurs ont analysé plus de 2 200 sources de données, incluant des registres de population, des registres d’insuffisance rénale et des enquêtes auprès des ménages, pour établir ces chiffres. Ils ont ensuite utilisé un modèle informatique afin d’estimer la situation dans 204 pays et territoires.
Lauryn Stafford, co-auteure de l’étude, insiste sur le fait que cette crise sanitaire mondiale est en grande partie évitable. Des médicaments efficaces existent pour ralentir la progression de la maladie et, dans les cas les plus graves, la transplantation rénale peut offrir une solution. Le nombre de transplantations a d’ailleurs augmenté, passant de 1,59 million en 1990 à 4,59 millions en 2023.
« La maladie rénale chronique est une crise sanitaire mondiale croissante, dont les conséquences sont largement évitables. »
Lauryn Stafford, Université de Washington
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