Publié le 8 novembre 2023 14:30:00. Des recherches récentes remettent en question l’efficacité d’une technique controversée de géo-ingénierie pour protéger les cultures de café, cacao et vin des effets croissants du changement climatique, soulignant la nécessité d’une approche plus globale et locale.
- Une méthode de géo-ingénierie, l’Injection d’Aérosol Stratosphérique (IAS), s’avère insuffisante pour contrer les impacts du changement climatique sur les cultures sensibles.
- Seules 6 des 18 régions agricoles étudiées ont bénéficié de l’IAS de manière constante, les variations climatiques restant un obstacle majeur.
- Les scientifiques insistent sur l’importance des stratégies d’adaptation locales, de la recherche sur des variétés résistantes et d’une meilleure gestion de l’eau.
La simple idée de savourer un café au petit-déjeuner, un carré de chocolat en guise de pause et un verre de vin en soirée pourrait bien devenir un luxe, si l’on en croit une nouvelle étude. Les cultures dont nous dépendons pour ces plaisirs quotidiens sont de plus en plus menacées par les bouleversements climatiques, caractérisés par des températures en hausse et des précipitations irrégulières. Une solution technologique radicale, l’Injection d’Aérosol Stratosphérique (IAS), a été testée, mais les résultats sont loin d’être encourageants.
L’IAS, une forme d’ingénierie solaire, consiste à injecter des particules réfléchissantes dans la stratosphère pour tenter de refroidir la planète, un peu comme les conséquences d’une éruption volcanique majeure, à l’image de celle du volcan Pinatubo aux Philippines en 1991, qui avait projeté un nuage de cendres volcaniques sur un kilomètre de haut. Des chercheurs ont cependant découvert que cette méthode, bien que controversée, ne suffirait pas à protéger nos cultures des stress climatiques à venir.
L’étude a simulé les effets de l’IAS sur 18 grandes régions productrices de café, de cacao et de vin en Europe occidentale, en Amérique du Sud et en Afrique de l’Ouest, entre 2036 et 2045. Les chercheurs ont analysé l’impact sur les températures, les précipitations, l’humidité et le risque de maladies des plantes. Si l’IAS a effectivement entraîné un refroidissement du climat, cet effet s’est avéré trop faible et trop irrégulier pour assurer la pérennité de ces cultures délicates. Seules 6 des 18 régions ont bénéficié d’une amélioration constante des conditions.
« Abaisser la température avec l’IAS ne suffit pas. »
Ariel Morrison, chercheuse
La pluie et l’humidité se sont révélées être les principaux obstacles. Le climat reste imprévisible, ce qui maintient un risque élevé de mauvaises récoltes, de maladies fongiques et d’autres problèmes phytosanitaires. Ariel Morrison explique que certaines cultures, comme le cacao, peuvent tolérer la chaleur, mais deviennent extrêmement vulnérables aux maladies en présence d’humidité.
« Vous ne pouvez pas ignorer les variations climatiques naturelles. Cela entraîne d’énormes différences dans les résultats selon le même scénario IAS, avec des conséquences majeures pour les agriculteurs. »
Ariel Morrison, chercheuse
L’IAS, bien que présentée comme une solution futuriste, apparaît donc davantage comme un palliatif qu’une solution durable. Selon Ariel Morrison, « Cela pourrait apporter un soulagement temporaire dans certaines régions, mais cela ne garantit pas des récoltes stables ni ne résout les problèmes d’humidité et de pluie. »
Les scientifiques insistent sur la nécessité de privilégier les stratégies d’adaptation locales, d’investir dans des variétés végétales résistantes aux maladies et au climat, d’améliorer la gestion de l’eau et de renforcer la coopération internationale. La survie de nos plantations de café, de cacao et de vignobles dépend d’une combinaison de science, d’innovation et d’ajustements politiques.
Sans action concertée à l’échelle locale et mondiale, l’approvisionnement en café de qualité, en vins fins et en produits à base de cacao risque de devenir plus rare et plus coûteux. Il n’existe, malheureusement, pas de solution miracle dans l’atmosphère pour protéger nos produits de luxe des effets du changement climatique.
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