Publié le 9 novembre 2023 14:35:00. De plus en plus de familles fortunées chinoises délaissent Singapour pour les Émirats arabes unis, et plus particulièrement Dubaï, en raison d’un environnement réglementaire jugé plus favorable et d’une politique d’immigration plus souple.
- L’augmentation des demandes de création de *family offices* et d’obtention de la résidence à Dubaï est significative.
- Le “Golden Visa” des Émirats arabes unis, offrant une résidence de 10 ans, est un atout majeur.
- Un afflux important d’entrepreneurs chinois dans le secteur des cryptomonnaies contribue à cette tendance.
Un nombre croissant de Chinois fortunés se tourne vers les Émirats arabes unis, notamment Dubaï, pour y établir des *family offices* et obtenir la résidence. Cette migration est motivée par une frustration grandissante face aux difficultés rencontrées à Singapour, selon un article récent du Financial Times.
Les banquiers privés et les conseillers financiers observent une hausse notable des demandes de renseignements émanant de ressortissants chinois souhaitant s’installer à Dubaï et Abu Dhabi. La création d’un *family office* – une structure de gestion de patrimoine pour les familles fortunées – facilite grandement l’obtention d’un titre de séjour.
Mike Tan, responsable mondial de la planification patrimoniale et du conseil familial à la Standard Chartered Bank à Singapour, confirme ce mouvement :
« Ceux qui souhaitent créer des *family offices* tournent désormais leur attention vers Dubaï. »
Mike Tan, responsable mondial de la planification patrimoniale et du conseil familial à la Standard Chartered Bank
La banque a constaté une augmentation significative des demandes concernant Dubaï provenant de clients d’Asie de l’Est au cours de l’année écoulée, sans toutefois divulguer de chiffres précis.
L’attrait des Émirats arabes unis réside en grande partie dans le “Golden Visa”, un visa de 10 ans accessible aux investisseurs, à certains membres de leur famille et aux professionnels hautement qualifiés. Selon Mian Tan, ce visa est considéré comme « très attractif, stable et assez bon d’un point de vue fiscal ». Les chiffres officiels indiquent qu’environ 80 000 visas dorés ont été délivrés en 2022, contre 47 000 l’année précédente, témoignant d’une augmentation spectaculaire.
Le nombre d’entités familiales enregistrées au Dubai International Financial Centre (DIFC) a atteint 1 000 à la fin du premier semestre 2023, contre 800 à la fin de 2022 et 600 à la fin de 2023. Une grande partie de cette croissance est attribuée à l’afflux de familles chinoises fortunées.
Prashant Tandon, directeur général de Lighthouse Canton aux Émirats arabes unis, souligne une pénurie de professionnels de la finance maîtrisant le mandarin, conséquence directe de cet afflux. Il observe que le mouvement est particulièrement fort parmi les familles disposant d’un patrimoine compris entre 50 et 200 millions de dollars (soit environ 46 à 184 millions d’euros), un segment entrepreneurial qui peut se sentir sous pression en Chine continentale ou à Hong Kong.
Selon Jan Mrazek, associé directeur de MHQ, qui accompagne la création de structures pour les gestionnaires de fonds et les *family offices* à Dubaï et Abu Dhabi :
« De nombreuses familles ont vendu des propriétés à Singapour pour déménager et investir aux Émirats arabes unis. »
Jan Mrazek, associé directeur de MHQ
Il ajoute que les confinements stricts liés à la pandémie de Covid-19 dans des pays comme la Chine et Singapour ont initialement attiré l’attention sur les Émirats arabes unis.
Un conseiller auprès de familles fortunées explique que Singapour a des règles d’immigration très strictes :
« Ils veulent s’assurer que seules les bonnes personnes arrivent. S’il est relativement facile de créer un *family office* et d’obtenir des permis de travail, il est beaucoup plus difficile d’obtenir la résidence et la citoyenneté. »
Parallèlement, un nombre croissant d’entrepreneurs chinois spécialisés dans les cryptomonnaies cherchent à établir leurs entreprises au Moyen-Orient. Dubaï compte désormais 39 sociétés de cryptomonnaie entièrement agréées par la Dubai Virtual Assets Regulatory Authority (FARA), l’organisme de réglementation du secteur.
Les investisseurs chinois dans les cryptomonnaies et les actifs numériques sont particulièrement sensibles à la clémence des régulateurs locaux. Singapour est souvent perçue comme plus stricte que Dubaï dans ce domaine, ce qui encourage les entreprises à se tourner vers le Moyen-Orient.
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