Publié le 9 novembre 2025. Une vaste étude internationale démontre que le déblocage complet de toutes les artères coronaires lors d’une crise cardiaque améliore significativement les chances de survie et réduit le risque de complications cardiaques futures, par rapport à la simple ouverture de l’artère responsable de l’attaque.
- Le déblocage complet des artères coronaires diminue le risque de décès d’origine cardiovasculaire, de décès toutes causes confondues et de nouvelles crises cardiaques.
- Les bénéfices de cette approche ont été observés chez les patients atteints de différents types de crises cardiaques, quel que soit leur âge.
- L’étude, menée par des chercheurs de l’Université McMaster au Canada, confirme l’importance de la revascularisation complète comme traitement salvateur.
Les cardiologues sont souvent confrontés à un dilemme lors de la prise en charge d’une crise cardiaque : doivent-ils se concentrer uniquement sur l’artère obstruée qui a provoqué l’attaque, ou procéder à une revascularisation complète en débloquant toutes les artères coronaires atteintes ? Une nouvelle étude internationale, publiée dans The Lancet et présentée lors des sessions scientifiques 2025 de l’American Heart Association à La Nouvelle-Orléans, apporte une réponse claire. Les résultats indiquent que le déblocage complet offre des bénéfices significatifs en termes de survie et de prévention des complications.
L’étude a analysé les données de six essais cliniques randomisés internationaux, portant sur un total de 8 836 patients ayant subi une crise cardiaque. L’âge médian des participants était de 65,8 ans, avec 2 122 femmes et 6 714 hommes. Pendant une période de suivi de trois ans, les patients ayant bénéficié d’une revascularisation complète – c’est-à-dire la pose de stents dans l’artère responsable de la crise et dans toutes les autres artères obstruées – ont présenté un risque réduit de décès d’origine cardiovasculaire ou de nouvelle crise cardiaque, comparativement à ceux ayant reçu un traitement ciblé sur l’artère coupable.
Plus précisément, le taux de décès cardiovasculaire ou de nouvelle crise cardiaque était inférieur d’un quart (9,0 % contre 11,5 %) chez les patients ayant reçu une revascularisation complète. Les décès cardiovasculaires ont diminué de 24 % (3,6 % contre 4,6 %), et les décès toutes causes confondues de 15 % (7,2 % contre 8,1 %). Les nouveaux infarctus du myocarde ont également été moins fréquents, tandis que le nombre de décès non liés à des problèmes cardiaques (par exemple, dus au cancer ou à une infection) est resté similaire entre les deux groupes.
Selon les chercheurs, ces bénéfices ont été observés quel que soit le type de crise cardiaque – qu’il s’agisse d’un STEMI (infarctus du myocarde avec sus-décalage du segment ST, une crise cardiaque complète causée par un blocage total de l’artère) ou d’un NSTEMI (infarctus du myocarde sans sus-décalage du segment ST, une crise cardiaque moins sévère due à un blocage partiel) – et quel que soit l’âge des patients. Ces améliorations se sont manifestées en complément des traitements cardiaques standards, tels que les anticoagulants (dont la bithérapie antiplaquettaire), les statines, les inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine ou les antagonistes des récepteurs de l’angiotensine, et les bêtabloquants.
« En réduisant les décès prématurés, cette vaste étude internationale confirme l’importance capitale de la revascularisation complète pour les patients victimes d’une crise cardiaque. Elle établit fermement cette approche comme l’une des rares procédures réellement salvatrices dont disposent les cardiologues, capable non seulement de prévenir de futures crises, mais aussi de prolonger la vie. C’est une avancée majeure aux implications considérables. »
Shamir R. Mehta, directeur de l’étude, scientifique principal du Population Health Research Institute (PHRI) et cardiologue interventionnel à l’Université McMaster
Cette étude renforce l’importance d’une approche proactive dans la prise en charge des crises cardiaques, soulignant que le déblocage complet des artères coronaires peut avoir un impact significatif sur la survie et la qualité de vie des patients.