Publié le 11 novembre 2025 à 19h30. Une rencontre historique a eu lieu à la Maison Blanche entre le président américain Donald Trump et Ahmed Al Sharaa, l’actuel dirigeant syrien, marquant un tournant dans la politique américaine au Moyen-Orient et suscitant la controverse au vu du passé complexe de ce dernier.
Donald Trump a accueilli lundi Ahmed Al Sharaa à la Maison Blanche, une première pour un chef d’État syrien depuis l’indépendance du pays en 1946. Cette rencontre intervient après des mois de rapprochement entre Washington et Damas, et s’accompagne d’une suspension des sanctions américaines contre la Syrie.
L’arrivée du président syrien s’est faite dans la discrétion, par une entrée latérale, sans les traditionnels honneurs réservés aux chefs d’État étrangers. Les journalistes n’ont pas eu accès aux discussions entre les deux dirigeants. Al Sharaa a toutefois pris le temps de saluer quelques partisans rassemblés devant la Maison Blanche à son départ.
Après la réunion, qui s’est déroulée à huis clos, Donald Trump s’est montré élogieux envers son homologue syrien.
« J’aime bien ce type »,
Donald Trump, président des États-Unis a-t-il déclaré, ajoutant qu’il souhaitait voir la Syrie devenir un pays « très prospère » après 14 ans de guerre civile. Il a également insisté sur le fait que le passé d’Al Sharaa ne devait pas être un obstacle.
« Les gens disaient qu’ils avaient eu un passé difficile, nous avons tous eu un passé difficile (…) Et je pense sincèrement que sans passé difficile il n’y a pas de passé difficile. »
Donald Trump, président des États-Unis
Le parcours d’Ahmed Al Sharaa est effectivement marqué par un passé controversé. Ancien combattant rebelle, il a dirigé une coalition islamiste qui a renversé Bachar al-Assad en décembre dernier. Avant cela, il avait été arrêté par les forces américaines en Irak en 2005 pour ses liens avec Al-Qaïda. Washington le présente désormais comme un « leader fort ».
Cette transformation dans la perception d’Al Sharaa par l’administration Trump s’est confirmée par plusieurs gestes récents. Le Conseil de sécurité de l’ONU a levé les sanctions contre lui à l’initiative des États-Unis, et Washington a retiré son nom de la liste noire des terroristes vendredi dernier. Le FBI offrait jusqu’à récemment une récompense de 10 millions de dollars pour toute information menant à son arrestation.
En parallèle de cette visite, le Département d’État a annoncé une nouvelle suspension des sanctions américaines, et l’administration Trump espère obtenir l’abrogation complète de la loi César de 2019, qui exclut la Syrie du système bancaire international. Cela nécessitera toutefois un vote du Congrès.
Selon l’envoyé américain pour la Syrie, Tom Barrack, Damas devrait signer un accord pour rejoindre la coalition internationale antiterroriste dirigée par les États-Unis. Une source diplomatique évoque également la possibilité de l’établissement d’une base militaire américaine près de Damas, « pour coordonner l’aide humanitaire et observer l’évolution entre la Syrie et Israël ».
Al Sharaa a également promis de « redéfinir » les relations de la Syrie avec la Russie, son allié traditionnel, qu’il a rencontré à Moscou il y a quelques semaines. La Syrie et Israël sont théoriquement en état de guerre.
Dans une brève déclaration sur X, la présidence syrienne a indiqué que les deux dirigeants avaient discuté des « moyens de développer et de renforcer » la relation bilatérale, ainsi que de « plusieurs questions régionales et internationales d’intérêt commun ».
À ne pas manquer
