Home SantéVoici à quoi ressemble l’impressionnant premier atlas du cerveau réalisé par la science et qui change la perspective de l’esprit humain.

Voici à quoi ressemble l’impressionnant premier atlas du cerveau réalisé par la science et qui change la perspective de l’esprit humain.

by Sophie Martin

Publié le 16 mai 2024 10:30:00. Des chercheurs internationaux ont réalisé une avancée majeure dans la cartographie du développement cérébral humain et animal, ouvrant des perspectives inédites pour la compréhension et le traitement de troubles neurologiques comme l’autisme et la schizophrénie.

  • Une première version d’atlas du cerveau en développement a été complétée, recensant plus de 5 000 types de cellules dans le cerveau de la souris.
  • L’étude a permis d’identifier des gènes clés contrôlant le développement cérébral et de mettre en évidence des similitudes et des spécificités entre les cerveaux humains et animaux.
  • Ces travaux s’inscrivent dans le cadre de l’Initiative BRAIN, un vaste projet de recherche visant à créer un atlas complet du cerveau humain.

Une collaboration scientifique internationale a franchi une étape cruciale dans la compréhension du développement du cerveau. Des chercheurs ont annoncé la création d’une première ébauche d’atlas du cerveau humain et du cerveau de mammifères en développement, une ressource qui pourrait révolutionner la manière dont nous abordons les maladies neurologiques et psychiatriques.

L’étude, dont les résultats sont publiés dans la revue Nature et d’autres publications scientifiques, s’est concentrée sur l’analyse des cellules cérébrales humaines et murines, avec des travaux complémentaires menés sur des singes. Les scientifiques ont retracé le développement de différents types de cellules, de leur naissance à leur différenciation et à leur maturation, en étudiant l’activation et la désactivation de leurs gènes au fil du temps.

Cette cartographie détaillée a permis d’identifier des gènes clés qui régulent les processus cérébraux et de découvrir des points communs dans le développement cellulaire entre les cerveaux humains et animaux. Plus surprenant encore, l’équipe a identifié des types de cellules jusqu’alors inconnus, spécifiques au cerveau humain.

« Notre cerveau possède des milliers de types de cellules présentant une extraordinaire diversité dans leurs propriétés et fonctions cellulaires, et qui travaillent ensemble pour générer une variété de comportements, d’émotions et de cognitions », a déclaré le neuroscientifique Hongkui Zeng, de l’Allen Institute de Seattle, et responsable de deux des études.

Les chercheurs ont recensé plus de 5 000 types de cellules dans le cerveau de la souris, et estiment qu’il en existe au moins autant dans le cerveau humain. Aparna Bhaduri, neuroscientifique à l’UCLA et co-responsable de la recherche, souligne la complexité de l’étude : « Le cerveau en développement est une structure incroyablement énigmatique, difficile d’accès, composée de nombreux types de cellules différents et en évolution rapide. »

Grâce à ces atlas, les scientifiques disposent désormais d’une connaissance beaucoup plus précise des différentes parties du cerveau en développement. « Nous savons de manière beaucoup plus détaillée quelles sont les parties du cerveau en développement », a précisé Aparna Bhaduri.

L’objectif ultime de cette recherche est de développer des thérapies géniques et cellulaires plus ciblées pour traiter diverses maladies humaines. Selon Hongkui Zeng, ces nouvelles connaissances pourraient permettre de mieux comprendre et traiter l’autisme, le trouble d’hyperactivité avec déficit de l’attention (TDAH), la schizophrénie et d’autres affections qui se manifestent pendant le développement cérébral.

« En étudiant et en comparant le développement du cerveau chez les humains et chez les animaux, nous comprendrons mieux la spécialisation humaine et d’où vient notre intelligence unique », a ajouté Zeng, soulignant le potentiel de cette recherche pour des applications pratiques importantes.

En outre, une meilleure compréhension du développement normal du cerveau permettra d’étudier plus efficacement les changements qui se produisent dans les cerveaux malades, tant dans les tissus humains que dans les modèles animaux de ces maladies. « Nous serons en mesure de mieux étudier les changements qui se produisent dans les cerveaux malades, quand et où, à la fois dans les tissus humains malades et dans les modèles animaux de maladie », a conclu Zeng.

Cette recherche s’inscrit dans le cadre du Réseau d’atlas cellulaire de l’Initiative BRAIN (BICAN) des National Institutes of Health des États-Unis, une collaboration scientifique internationale ambitieuse visant à créer un atlas complet du cerveau humain.

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