Le Centre national du cancer de Corée du Sud mise sur l’intelligence artificielle et la génomique pour révolutionner la lutte contre le cancer, avec l’ambition de proposer des traitements personnalisés et de devenir un leader mondial dans la recherche oncologique.
Lors d’une conférence de presse tenue le 12 décembre à Séoul, Yang Han-gwang, directeur du Centre national du cancer, a présenté les axes stratégiques de l’établissement pour les années à venir. L’objectif principal est de renforcer le rôle du centre en tant qu’acteur central de la gestion du cancer, en intégrant recherche, traitement, politique et éducation, afin d’offrir des soins centrés sur le patient et répondant aux besoins non satisfaits.
« Nous allons intensifier nos efforts pour fournir des soins de qualité, auxquels le public peut avoir confiance, et obtenir des résultats significatifs dans la gestion du cancer qui attireront l’attention internationale », a déclaré M. Yang.
Le Centre national du cancer collabore déjà avec 13 centres régionaux de lutte contre le cancer à travers le pays pour mettre en place un « système régional complet de gestion du cancer », couvrant le diagnostic, le traitement et les soins palliatifs. Les recommandations nationales en matière de dépistage du cancer de l’estomac, du foie et du côlon ont récemment été mises à jour, et les bases du « 5e plan global de gestion du cancer » ont été établies.
Un effort majeur sera consacré à la recherche clinique intégrant l’intelligence artificielle et au développement de technologies de pointe telles que la thérapie cellulaire et génique (TCG). Pour cela, le centre construit une base de données nationale sur le cancer, qui comprendra les informations de 4,5 millions de patients, soit 98 % des cas recensés dans le pays. Ces données seront croisées avec les informations de l’assurance maladie et les données de survie fournies par Statistique Corée, afin de créer un système exhaustif de suivi des patients.
Un groupe de recherche dédié au développement de la TCG a été lancé cette année, avec un investissement de 48,8 milliards de wons (environ 36 millions d’euros) sur cinq ans. En septembre dernier, un centre spécialisé dans les sarcomes, des cancers rares, a également ouvert ses portes.
« Au-delà de l’amélioration des services, nous assumons notre responsabilité en tant qu’organisation centrale pour la gestion nationale du cancer, à laquelle le public peut toujours faire confiance », a insisté M. Yang. « Nous veillons à sélectionner et à diffuser des informations fiables sur le cancer, en utilisant divers canaux, notamment le Centre national d’information sur les connaissances sur le cancer. »
Le centre est confronté à des défis financiers, avec un déficit de 20 milliards de wons (environ 15 millions d’euros) cette année, après un déficit de 40 milliards de wons (environ 30 millions d’euros) l’année précédente. Malgré ces difficultés, le centre continue d’investir dans ses ressources humaines et ses infrastructures. Des travaux de rénovation sont en cours pour moderniser les installations existantes, et l’unité de soins intensifs sera agrandie, portant la capacité d’accueil de l’hôpital de 536 à 594 lits en janvier prochain.
« Nous nous efforçons de réduire les dépenses inutiles et de maîtriser les coûts, tout en améliorant l’efficacité des traitements médicaux afin d’optimiser les bénéfices pour les patients », a précisé M. Yang. Le centre a d’ailleurs été reconnu pour son expertise en oncologie dans le cadre du « Projet pilote de compensation des fonctions spécialisées » du gouvernement, ce qui lui a permis d’obtenir des financements supplémentaires de 9,9 milliards de wons (environ 7,4 millions d’euros) par an pendant trois ans.
Enfin, le Centre national du cancer prévoit de renforcer la prise en charge des survivants du cancer, en collaboration avec les 13 centres régionaux de lutte contre le cancer, en anticipation de la mise en œuvre à l’échelle nationale des « soins médicaux et infirmiers intégrés » en mars prochain. La Corée du Sud compte actuellement environ 2,59 millions de survivants du cancer, représentant environ 5 % de la population.
« Nous continuerons à développer des programmes personnalisés pour les survivants du cancer et à coopérer avec les centres régionaux de lutte contre le cancer à travers le pays pour faciliter leur réintégration dans la société », a conclu M. Yang.
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