Publié le 13 novembre 2025 04:50:00. La clinique l’Agora, un groupe de médecine de famille (GMF) du Quartier latin à Montréal, fermera ses portes le 1er avril 2026, victime des contraintes financières liées à la nouvelle façon de rémunérer les médecins, selon sa direction.
- La clinique l’Agora, qui dessert plus de 6000 patients, dont une forte proportion de personnes vulnérables, cessera ses activités dans deux ans.
- La directrice médicale, Dre Emmanuelle Huchet, dénonce un manque de sensibilité du gouvernement envers les patients les plus démunis.
- La clinique avait déjà signalé un besoin urgent de 200 000 $ (environ 1 500 $) l’an dernier pour équilibrer son budget.
C’est avec une profonde tristesse que la clinique l’Agora a annoncé sa fermeture, prévue pour le 1er avril 2026. La décision, qualifiée de « déchirante » par la Dre Emmanuelle Huchet, directrice médicale de l’établissement, est une conséquence directe des difficultés financières imposées par le nouveau mode de rémunération des médecins, selon elle.
« Ce n’est pas de gaieté de cœur que nous avons pris cette décision très déchirante », a confié la Dre Huchet lors d’une entrevue à 24•60, sur ICI RDI. Après une évaluation approfondie de la situation financière de la clinique au cours des dernières semaines, il est apparu évident qu’elle ne pourrait pas atteindre ses objectifs financiers.
La clinique l’Agora, située près de la Gare d’autocars de Montréal depuis son ouverture en 2018, joue un rôle crucial dans l’accès aux soins pour une population particulièrement vulnérable. Plus de 6000 patients sont suivis par l’équipe médicale, dont 70 % sont considérés comme étant en situation de précarité. La Dre Huchet souligne que la clinique prend en charge de nombreux patients sans-abri et qu’elle compte au moins 800 personnes aux prises avec des problèmes de toxicomanie.
L’avenir de ces patients est une source d’inquiétude majeure. « Je n’en ai aucune idée », a avoué la Dre Huchet, exprimant son désarroi face à la perspective de voir ses patients se retrouver sans suivi médical. Elle insiste sur le fait que la clinique a développé une expertise particulière dans la prise en charge de cette clientèle, qui a souvent du mal à s’intégrer dans le système de santé traditionnel.
La situation financière de la clinique l’Agora était déjà préoccupante l’an dernier. En septembre 2024, l’établissement avait annoncé avoir besoin d’environ 200 000 $ pour boucler son budget.
« Avec l’adoption de la loi 2, il est plus évident que jamais que ce gouvernement n’a aucune sensibilité pour nos patients les plus vulnérables. »
Emmanuelle Huchet, directrice médicale de la clinique l’Agora
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