Home SantéPlus de vie pour les patients atteints de cancer ? Le possible effet positif des vaccins anti-Covid

Plus de vie pour les patients atteints de cancer ? Le possible effet positif des vaccins anti-Covid

by Sophie Martin

Publié le 12 novembre 2025. Une étude révèle que les patients atteints de cancer ayant reçu un vaccin contre la Covid-19 à ARNm présentent une survie significativement plus longue, ouvrant la voie à de nouvelles stratégies immunothérapeutiques contre le cancer.

  • Les patients atteints d’un cancer du poumon avancé vaccinés contre la Covid-19 ont vécu en moyenne 37,3 mois, contre 20,6 mois pour les non-vaccinés.
  • Le taux de survie à trois ans était de 55,7 % chez les vaccinés, comparativement à 30,8 % chez les autres.
  • Les vaccins à ARNm pourraient agir comme un « entraînement » pour le système immunitaire, le rendant plus apte à reconnaître et à attaquer les cellules tumorales.

Des recherches récentes menées par le Centre de cancérologie MD Anderson à l’Université du Texas suggèrent un lien inattendu entre la vaccination contre la Covid-19 et l’amélioration des résultats chez les patients atteints de cancer. L’étude, publiée dans la revue Nature, met en évidence un impact positif des vaccins à ARNm – la même technologie qui a permis de lutter contre la pandémie de Covid-19 – sur la survie des patients atteints de différents types de cancer.

L’étude a porté sur plus de 880 patients atteints d’un cancer du poumon avancé, suivis entre 2015 et 2022. Parmi eux, 180 avaient reçu un vaccin à ARNm (Pfizer/BioNTech ou Moderna) dans les 100 jours suivant le début d’une immunothérapie. Les résultats ont révélé une amélioration notable de la survie chez les patients vaccinés. En plus du cancer du poumon, une tendance similaire a été observée chez les patients atteints de mélanome métastatique, quel que soit le type de vaccin à ARNm utilisé. Aucun effet comparable n’a été constaté avec les vaccins ne contenant pas d’ARNm.

Les chercheurs émettent l’hypothèse que le vaccin à ARNm agit comme un stimulant pour le système immunitaire, l’aidant à mieux identifier et à combattre les cellules cancéreuses. Des expériences sur des modèles animaux ont confirmé que cette combinaison peut transformer les « tumeurs froides » – celles qui échappent aux défenses immunitaires – en « tumeurs chaudes », plus vulnérables à l’attaque immunitaire. Selon le Dr Elias Sayour, oncologue et co-auteur de l’étude, cette approche pourrait à terme conduire au développement d’un « vaccin universel contre le cancer », capable de renforcer les défenses immunitaires de manière sûre et accessible.

« L’idée est de donner un coup de pouce au système immunitaire, de l’entraîner à reconnaître les cellules cancéreuses comme des cibles. »

Elias Sayour, oncologue et co-auteur de l’étude

Il est important de noter que cette étude est observationnelle et ne démontre pas de lien de causalité direct. Des essais cliniques contrôlés seront nécessaires pour confirmer ces résultats et comprendre pleinement les mécanismes biologiques en jeu. Néanmoins, ces premières observations sont encourageantes et pourraient révolutionner l’approche du traitement du cancer, en offrant aux patients une stratégie plus ciblée et potentiellement moins toxique que les traitements conventionnels. À titre de comparaison, une analyse de plus de 120 médicaments oncologiques approuvés au cours des vingt dernières années a montré une augmentation moyenne de la survie de seulement 2,8 mois.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.