Publié le 24 septembre 2025. Une faible dose de colchicine pourrait réduire significativement le risque de crise cardiaque et d’accident vasculaire cérébral chez les patients atteints de maladies cardiovasculaires, selon une vaste revue d’études. Cependant, ce traitement s’accompagne d’un risque accru, bien que généralement bénin, de troubles gastro-intestinaux.
- La colchicine à faible dose diminue le risque d’infarctus du myocarde et d’accident vasculaire cérébral sans augmenter le risque d’effets secondaires graves.
- Ce traitement ne semble pas influencer le risque de décès, quelle qu’en soit la cause, ni la nécessité d’une revascularisation coronarienne.
- Des effets indésirables gastro-intestinaux, tels que diarrhée et nausées, peuvent survenir, mais sont habituellement légers et de courte durée.
Les maladies cardiovasculaires, qui affectent le cœur et les vaisseaux sanguins, sont souvent liées à une inflammation chronique de bas grade dans l’organisme. Cette inflammation peut favoriser la survenue d’événements cardiovasculaires majeurs tels que les crises cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux. La colchicine, un médicament anti-inflammatoire bien connu, peu coûteux et accessible par voie orale, représente une piste thérapeutique prometteuse pour prévenir la récidive de ces événements chez les patients à haut risque.
Plusieurs études, dites « essais contrôlés randomisés », ont été menées ces dernières années pour évaluer l’efficacité de la colchicine à faible dose dans la prévention secondaire des événements cardiovasculaires – c’est-à-dire après un premier incident. Une récente analyse systématique a regroupé les résultats de ces études afin d’évaluer de manière exhaustive les bénéfices et les inconvénients de l’utilisation de la colchicine pendant au moins six mois chez les adultes souffrant d’une maladie cardiovasculaire établie ou ayant récemment subi un événement cardiovasculaire.
Les chercheurs ont examiné toutes les études comparant la colchicine à faible dose à un placebo ou à l’absence de traitement. Ils ont extrait les données pertinentes et évalué la qualité méthodologique de chaque étude avant de combiner les résultats. Les principaux critères d’évaluation comprenaient le décès toutes causes confondues, l’infarctus du myocarde, l’accident vasculaire cérébral, la nécessité d’une revascularisation coronarienne, le décès d’origine cardiovasculaire, la qualité de vie, les effets indésirables graves et les troubles gastro-intestinaux.
L’analyse a porté sur 12 études impliquant un total de 22 983 patients atteints de maladies cardiovasculaires. Les résultats indiquent que la colchicine à faible dose réduit significativement le risque d’infarctus du myocarde et d’accident vasculaire cérébral, sans augmenter le risque d’effets secondaires graves. En revanche, elle est associée à un risque plus élevé de troubles gastro-intestinaux, bien que ces effets soient généralement légers et transitoires. Les données ne suggèrent pas que la colchicine réduise le risque de décès ou la nécessité d’une revascularisation coronarienne. Les effets sur la qualité de vie et le nombre d’hospitalisations n’ont pas pu être évalués, car ces aspects n’ont pas été mesurés dans les études disponibles.
Les chercheurs expriment une forte confiance dans les résultats concernant la réduction du risque de crise cardiaque et d’accident vasculaire cérébral. Leur niveau de confiance est plus modéré pour les autres résultats, ce qui signifie que des études futures pourraient les modifier. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour évaluer les effets à long terme de la colchicine sur la mortalité et la qualité de vie, ce qui nécessitera des études plus longues et impliquant un plus grand nombre de participants.
Cette revue se base sur des données issues de la littérature médicale jusqu’au 18 février 2025.