Publié le 13 novembre 2025 à 10h11. Une controverse émerge au Japon concernant l’utilisation d’illustrations à la place de photographies de victimes dans les procès devant cour d’assises, soulevant des questions sur la qualité de la preuve et le bien-être psychologique des jurés.
- Des avocats et des médecins s’inquiètent de la substitution de photographies de victimes par des illustrations dans les procès devant cour d’assises.
- Ils craignent que cette pratique ne nuise à l’établissement des faits et à la juste détermination de la peine.
- Un colloque est organisé à Tokyo le 15 novembre pour discuter de ces préoccupations.
L’utilisation croissante d’illustrations pour représenter des preuves visuelles sensibles, telles que des blessures ou des scènes de crime, dans les procès devant cour d’assises au Japon, suscite un débat animé. Cette pratique, justifiée par la volonté de réduire le traumatisme psychologique des jurés, est remise en question par des professionnels du droit et de la médecine légale.
Le Forum des avocats pour le soutien aux victimes d’infractions (VS Forum) et la Société japonaise de médecine légale organisent conjointement un colloque à Tokyo le 15 novembre pour examiner les implications de cette tendance. Sakura Kamiya, avocate au VS Forum, souligne que dans de nombreux procès, des photographies de blessures et de scènes macabres sont remplacées par des dessins, au nom de la protection psychologique des jurés.
Cependant, cette approche a suscité des réactions mitigées auprès des jurés et des familles des victimes. Certains ont exprimé leur frustration de ne pas pouvoir voir les preuves réelles, déclarant :
« Je voulais voir des preuves appropriées. »
Témoignage de jurés et de familles de victimes
. D’autres ont estimé que les illustrations ne rendaient pas pleinement compte de la réalité des faits.
L’avocate Sakura Uetani estime que cette préoccupation pour le confort des jurés pourrait conduire à une déformation de la perception de la preuve.
« Je crois que la raison derrière cela est que les juges accordent trop d’attention aux jurés. Je pense que c’est presque comme du « divertissement ». »
Sakura Uetani, avocate
Minoru Kazu Kondo, président de la Société japonaise de médecine légale, a exprimé une inquiétude encore plus profonde lors d’une conférence de presse le 8 octobre. Il a averti que l’illustration de preuves scientifiques pouvait être assimilée à une falsification de celles-ci.
« Illustrer des preuves scientifiques est, dans un sens, proche de falsifier des preuves. »
Minoru Kazu Kondo, médecin et président de la Société japonaise de médecine légale
Les organisateurs du colloque craignent que ces pratiques ne compromettent l’établissement précis des faits et la détermination d’une peine juste, au détriment tant des victimes que des accusés. Le symposium, qui se tiendra au Centre culturel allemand de Minato-ku, Tokyo, à partir de 13h00 le 15 novembre, réunira des familles de victimes, d’anciens procureurs et d’autres experts pour débattre de ces questions cruciales.
Cet article est basé sur les informations et les lois à la date de publication.
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