Publié le 15 novembre 2025 à 04:24:00. Le Fonds Monétaire International (FMI) a salué les efforts du Sénégal en matière de transparence budgétaire, tout en soulignant la fragilité de sa dette publique. Des discussions sont en cours pour un nouveau programme d’aide, sans pour autant imposer de restructuration de la dette.
- Le FMI reconnaît les avancées du Sénégal dans la divulgation de sa dette cachée.
- Des vulnérabilités significatives persistent concernant la dette publique sénégalaise.
- La décision d’une éventuelle restructuration de la dette revient entièrement aux autorités sénégalaises.
Lors d’une conférence de presse le 13 novembre 2025, Julie Kozack, directrice du département Communications du FMI, a donné un aperçu détaillé de la situation budgétaire du Sénégal. Les échanges ont porté sur l’ampleur des risques liés à la dette publique, la possibilité d’une restructuration et le rôle des autorités sénégalaises dans la révélation des dettes non déclarées.
Julie Kozack a publiquement reconnu les efforts du gouvernement sénégalais :
« Nous voulons une fois encore saluer les autorités pour leur engagement envers la transparence et les étapes franchies pour divulguer la dette cachée. »
Julie Kozack, directrice du département Communications du FMI
Cette déclaration intervient après des tensions récentes entre Dakar et certaines institutions financières, suite à la découverte de dettes non déclarées qui avaient entraîné la suspension d’un programme précédent. Le FMI confirme que les discussions tenues à Dakar du 22 octobre au 6 novembre ont mis en évidence des « vulnérabilités significatives » concernant la dette du pays.
Cependant, le FMI insiste sur le fait que la décision d’envisager ou non une restructuration de la dette est une décision souveraine :
« La décision d’envisager ou non une restructuration de la dette est une décision souveraine des autorités sénégalaises. »
Julie Kozack, directrice du département Communications du FMI
Le FMI propose donc une option technique parmi d’autres, sans imposer de solution.
L’approche du FMI s’articule autour de trois axes principaux : clarifier les chiffres et gérer l’héritage de la dette cachée, restaurer la crédibilité financière et construire un nouveau programme d’aide. Le FMI et la Banque mondiale finalisent actuellement une nouvelle analyse de la viabilité de la dette (DSA) intégrant les données corrigées. Pour restaurer la crédibilité financière, le Fonds recommande une centralisation de la gestion de la dette, un renforcement du contrôle budgétaire et une transparence accrue des opérations financières de l’État.
Afin de rassurer les marchés, le FMI a également précisé qu’il ne demanderait aucun remboursement anticipé des engagements du Sénégal :
« Le staff et la direction ne demanderont pas le remboursement anticipé des obligations du Sénégal envers le FMI. »
Julie Kozack, directrice du département Communications du FMI
Cette annonce intervient alors que les obligations sénégalaises ont connu une forte volatilité ces dernières semaines.
Interrogée sur la baisse des performances des obligations sénégalaises, Julie Kozack s’est abstenue de tout commentaire direct. Concernant le plan de réformes fiscales annoncé par Dakar, elle a souligné que les plans fiscaux ambitieux nécessitent du temps pour produire des effets et que les hypothèses doivent rester prudentes. Une manière d’indiquer que les nouvelles mesures de taxation comportent des risques de mise en œuvre, sans pour autant émettre de critique directe.
En conclusion, le message du FMI est clair : il reconnaît les efforts de transparence du Sénégal, met en garde contre la fragilité de sa dette, propose des options pour stabiliser la situation, mais laisse la décision finale aux autorités sénégalaises.
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