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Le propranolol peut réduire le risque d’accident vasculaire cérébral ischémique chez les femmes souffrant de migraines

Un traitement couramment prescrit pour l'hypertension artérielle et la prévention des migraines pourrait offrir une protection significative contre les accidents vasculaires cérébraux (AVC) ischémiques chez les femmes, selon une étude préliminaire. Les résultats, qui seront présentés lors de…

Le propranolol peut réduire le risque d’accident vasculaire cérébral ischémique chez les femmes souffrant de migraines

Un traitement couramment prescrit pour l’hypertension artérielle et la prévention des migraines pourrait offrir une protection significative contre les accidents vasculaires cérébraux (AVC) ischémiques chez les femmes, selon une étude préliminaire. Les résultats, qui seront présentés lors de la conférence internationale de l’American Stroke Association en septembre 2025, suggèrent un bénéfice notable pour les femmes souffrant de migraines, en particulier celles sans aura.

L’étude, menée sur plus de 3 millions de dossiers médicaux électroniques, a révélé que le propranolol, un bêtabloquant, est associé à une réduction du risque d’AVC ischémique chez les femmes migraineuses. L’analyse a montré une diminution du risque allant jusqu’à 52 % dans une des bases de données étudiées et de 39 % dans l’autre, pour les femmes sous propranolol. Aucun effet similaire n’a été observé chez les hommes.

« La migraine est souvent négligée comme facteur de risque de problèmes cardiovasculaires, et jusqu’à récemment, les options de traitement préventif étaient limitées », explique le Dr Mulubrhan Mogos, professeur adjoint à l’école de sciences infirmières de l’université Vanderbilt à Nashville, Tennessee, et principal auteur de l’étude. « Il est crucial de reconnaître que le propranolol pourrait être particulièrement bénéfique pour les femmes souffrant de migraines, en particulier celles sans aura. »

Les migraines touchent les femmes trois fois plus souvent que les hommes et sont associées à un risque accru d’AVC. L’étude souligne également que les femmes issues de communautés défavorisées sont disproportionnellement touchées par les migraines, ce qui peut entraver leur accès à l’éducation et à un emploi stable, créant un cercle vicieux.

Les chercheurs ont analysé des données provenant de deux vastes bases de données : le dérivé synthétique (SD) du centre médical de l’université Vanderbilt et le programme de recherche All of Us des National Institutes of Health (NIH). Ils ont comparé les dossiers de patients ayant développé un AVC après un diagnostic de migraine à ceux d’un groupe témoin sans antécédents d’AVC.

L’analyse a été affinée en tenant compte de divers facteurs potentiels, tels que l’âge, le sexe, l’origine ethnique, la présence d’autres affections médicales (hypertension artérielle, diabète, etc.) et les facteurs hormonaux. « Nous avons d’abord examiné les AVC de manière générale, puis nous nous sommes concentrés sur les AVC ischémiques. Après avoir contrôlé les variables susceptibles d’influencer les résultats, nous avons constaté que l’association était significative et plus forte pour les AVC ischémiques », précise le Dr Mogos.

L’étude a également mis en évidence que l’effet protecteur du propranolol était plus prononcé en cas d’AVC ischémique et chez les femmes souffrant de migraines sans aura. L’aura migraineuse se manifeste par des troubles visuels (lumières clignotantes, angles morts, motifs en zigzag) ou des symptômes neurologiques tels que des picotements, un engourdissement, des difficultés d’élocution, des étourdissements ou une confusion.

« Nos résultats suggèrent que les femmes et les professionnels de la santé devraient discuter des avantages des interventions préventives contre la migraine », conclut le Dr Mogos. « Il est essentiel de garantir l’accès à ces traitements pour les populations défavorisées qui sont particulièrement touchées par cette maladie. »

La Dre Tracy E. Madsen, présidente du Comité des sciences de la santé des femmes en cardiologie clinique/AVC de l’American Heart Association et professeure agrégée de médecine d’urgence à l’université du Vermont, souligne l’importance de cette étude : « La migraine sans aura est souvent sous-estimée comme facteur de risque d’AVC, en particulier chez les femmes. Ces résultats sont encourageants, car ils suggèrent que nous disposons d’une option médicamenteuse efficace pour prévenir à la fois les migraines et les AVC. Cette étude illustre l’importance d’étudier les femmes et les hommes séparément afin de mieux comprendre les différences sexuelles dans les facteurs de risque d’AVC et de personnaliser les soins. »

Il est important de noter que cette étude est basée sur l’analyse rétrospective de dossiers médicaux électroniques, ce qui peut introduire des biais. Les chercheurs recommandent des études prospectives pour confirmer ces résultats.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.