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Protéine animale ou végétale, laquelle est la plus saine ? – Dr Dr méd. Lutz Aderhold

Publié le 16 novembre 2025 à 12h32. Une nouvelle étude de l'Université McMaster au Canada remet en question les idées reçues sur les protéines animales, suggérant qu'elles ne sont pas intrinsèquement liées à un risque accru de mortalité,…

Protéine animale ou végétale, laquelle est la plus saine ? – Dr Dr méd. Lutz Aderhold

Publié le 16 novembre 2025 à 12h32. Une nouvelle étude de l’Université McMaster au Canada remet en question les idées reçues sur les protéines animales, suggérant qu’elles ne sont pas intrinsèquement liées à un risque accru de mortalité, contrairement à ce que suggèrent certaines études antérieures.

  • Une analyse de près de 16 000 participants n’a révélé aucune association statistiquement significative entre la consommation de protéines (animales ou végétales) et le risque de décès, qu’il soit lié à des maladies cardiovasculaires, au cancer ou à d’autres causes.
  • L’étude a même observé une légère diminution du risque de mortalité par cancer chez les personnes consommant davantage de protéines animales.
  • Les chercheurs soulignent qu’il s’agit d’une étude observationnelle et qu’elle ne peut pas établir de lien de causalité, mais seulement identifier des tendances.

Les protéines animales et végétales sont souvent au cœur des débats nutritionnels. Cette nouvelle recherche, menée par Yanni Papanikolaou et son équipe et dont les résultats seront publiés en 2025, apporte un éclairage nuancé sur leur rôle dans la santé et la longévité. L’étude, financée par l’Association nationale des éleveurs de bœuf (NCBA), a examiné les habitudes alimentaires de près de 16 000 personnes et leur lien avec la mortalité globale, les maladies cardiovasculaires (MCV) et le cancer.

Contrairement à certaines attentes, les résultats n’ont révélé aucune corrélation significative entre la quantité de protéines consommées – qu’elles proviennent d’une source animale ou végétale – et un risque accru de décès. Plus surprenant encore, l’étude a mis en évidence une légère association inverse entre une consommation plus élevée de protéines animales et le risque de mortalité par cancer, suggérant une possible, bien que faible, protection.

Il est crucial de souligner, comme le précise le chercheur principal, Yanni Papanikolaou, que ces résultats ne signifient pas que les protéines animales sont « meilleures » que les protéines végétales.

« Nos résultats ne prouvent pas que les protéines animales sont supérieures, mais simplement qu’aucune association nuisible n’a été trouvée dans notre ensemble de données. »

Yanni Papanikolaou, chercheur principal

L’étude met en garde contre les conclusions hâtives, rappelant qu’il s’agit d’une recherche observationnelle et non d’une étude contrôlée. Les études observationnelles, comme celle-ci, peuvent identifier des liens, mais ne peuvent pas prouver une relation de cause à effet. Les habitudes alimentaires sont complexes et peuvent être influencées par de nombreux facteurs.

Points forts et limites de l’étude

  1. Un échantillon de grande taille : L’étude a inclus près de 16 000 participants, ce qui renforce la fiabilité des résultats.
  2. Des méthodes statistiques rigoureuses : Les chercheurs ont utilisé des modèles statistiques avancés pour tenir compte de divers facteurs susceptibles d’influencer les résultats.
  3. Prise en compte des facteurs de confusion : L’étude a pris en compte des éléments tels que l’âge, le mode de vie et les habitudes tabagiques.
  4. Analyse par cause de décès : La mortalité a été analysée séparément pour toutes les causes, les maladies cardiovasculaires et le cancer.

Cependant, l’étude présente également des limites. Sa nature observationnelle ne permet pas d’établir de lien de causalité. De plus, la mesure de l’apport en protéines repose sur des déclarations des participants, qui peuvent être imprécises. Enfin, l’étude ne distingue pas les différentes sources de protéines animales (viande transformée, viande rouge, poisson, etc.) ni les différentes sources de protéines végétales, ce qui pourrait influencer les résultats.

Il est important de noter que d’autres études épidémiologiques et méta-analyses ( Song et al., 2016 ; Naghshi et al., 2020 ; Lim et al., 2021 ; Reid-McCann et al., 2025 ; Egert et al., 2025) ont souvent mis en évidence des effets neutres ou négatifs d’une consommation élevée de protéines animales, en particulier de viande rouge ou transformée.

Le financement de l’étude par l’Association nationale des éleveurs de bœuf (NCBA) soulève également des questions sur les biais potentiels, bien que les chercheurs affirment que cette organisation n’a pas exercé d’influence sur la conception de l’étude ou l’analyse des données.

En conclusion, cette étude ne remet pas en question l’ensemble des connaissances scientifiques sur la nutrition, mais elle apporte un élément de nuance important. Elle suggère qu’une consommation modérée de protéines animales, dans le cadre d’une alimentation équilibrée, ne semble pas être associée à un risque accru de mortalité. Une approche équilibrée, privilégiant une variété de sources de protéines, reste la recommandation la plus prudente.

Pour en savoir plus :

Aderhold L. Santé en texte brut ! Nutrition – exercice – relaxation – réflexion. Les meilleures stratégies pour plus de santé, d’énergie et de bien-être. Iéna : Vopelius 2014.

Références :

Egert S et coll. Apport en protéines et maladies cardiovasculaires : une revue générale des revues systématiques des lignes directrices fondées sur des preuves sur l’apport en protéines de la Société allemande de nutrition. Journal européen de nutrition 2025 ; 64 : numéro d’article 254.

Lim MT et coll. Protéines animales par rapport aux protéines végétales pour soutenir la masse maigre et la force musculaire : une revue systématique et une méta-analyse d’essais contrôlés randomisés. Nutriments 2021 ; 13 (2) 661. Doi : 10.3390/nu13020661.

Song M et coll. Association de l’apport en protéines animales et végétales avec la mortalité toutes causes confondues et par cause spécifique. JAMA Intern Med 2016 ; 176 (10) : 1453-63.

Papanikolaou Y et al. Les apports habituels en protéines animales et végétales ne sont pas associés négativement au risque de mortalité toutes causes confondues, de maladies cardiovasculaires ou liées au cancer : une analyse NHANES III. Physiologie appliquée, nutrition et métabolisme 2025 ; 50 : 1 DOI : 1139/apnm-2023-0594.

Reid-McCann RJ et coll. Effet des protéines végétales par rapport aux protéines animales sur la masse musculaire, la force, la performance physique et la sarkopénie : une revue systématique et une méta-analyse d’essais contrôlés randomisés. Nutr Rév 2025 ; 83 (7) : e1581-e1603. Doi : 10.1093/nutrit/nuae200.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.