Publié le 16 novembre 2025 à 15h52. Une nouvelle étude souligne l’importance d’une approche personnalisée, basée sur des données probantes et centrée sur la patiente, pour améliorer la prise en charge des maladies cardiovasculaires chez les femmes, une problématique historiquement négligée.
- Les maladies cardiovasculaires (MCV) restent une cause majeure de décès chez les femmes, mais sont souvent sous-diagnostiquées et sous-traitées.
- Plus de la moitié des risques liés aux MCV sont attribuables à des facteurs de risque liés au comportement et au mode de vie.
- La médecine comportementale, axée sur le soutien aux changements de mode de vie, pourrait combler les lacunes actuelles dans les soins cardiaques des femmes.
Les maladies cardiovasculaires représentent un enjeu de santé publique majeur. En 2021, elles ont été à l’origine de 695 547 décès aux États-Unis, selon les données des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC). Bien que touchant l’ensemble de la population, les femmes sont particulièrement concernées, mais leurs besoins spécifiques ont longtemps été sous-estimés.
Historiquement, la recherche et les pratiques médicales en matière de maladies cardiaques se sont concentrées sur les hommes. Dans les années 1960, des conférences portaient déjà sur la manière d’aider les maris à gérer leurs problèmes cardiaques, excluant implicitement les femmes du risque potentiel de MCV.
« C’était : ‘Faites un test Pap et une mammographie, et tout va bien’. Nous avons laissé de côté toutes les choses pour lesquelles nous vérifiions les hommes, comme le diabète et les maladies cardiovasculaires, mais entre les seins d’une femme et ses organes reproducteurs se trouve son cœur. »
Gina Lundberg, MD, directrice clinique de l’Emory Woman’s Heart Center
Cette exclusion perdure encore aujourd’hui, ce qui a incité les chercheurs à explorer de nouvelles approches pour améliorer la santé cardiovasculaire des femmes. Ils soulignent la nécessité d’aborder les risques de MCV en tenant compte du mode de vie et en priorisant les facteurs de risque comportementaux.
Les besoins spécifiques des femmes en matière de santé cardiovasculaire découlent de plusieurs facteurs : des différences biologiques, des expériences de vie distinctes et des inégalités structurelles. Neuf facteurs de risque modifiables sont responsables de 90 % des premiers événements cardiovasculaires chez les femmes, notamment le tabagisme, l’obésité, le stress, une mauvaise alimentation, la consommation d’alcool et le manque d’activité physique.
De plus, les femmes sont confrontées à des risques spécifiques liés à la grossesse et à la reproduction, tels que les complications potentielles de la grossesse, les issues défavorables et l’absence d’allaitement maternel. Les responsabilités familiales et les contraintes de temps peuvent également les exposer davantage aux facteurs de risque mentionnés précédemment.
La médecine comportementale apparaît comme une solution prometteuse. Cette spécialité, qui intègre les sciences comportementales, émotionnelles et sociales à la pratique clinique, peut pallier le manque de soutien au changement de mode de vie souvent constaté en cardiologie. Contrairement à une approche axée uniquement sur les médicaments, la médecine comportementale s’appuie sur l’expertise de professionnels tels que les psychologues cliniciens, les travailleurs sociaux, les infirmières et les psychiatres pour aider les patientes à adopter des comportements plus sains.
Les chercheurs insistent sur la nécessité d’investir davantage dans la recherche et la formation en médecine comportementale afin d’améliorer l’accès aux soins et de mieux répondre aux besoins spécifiques des femmes en matière de maladies cardiovasculaires. Ils estiment qu’une approche globale, fondée sur des données probantes et centrée sur la patiente, est essentielle pour réduire l’incidence des MCV chez les femmes et améliorer leur qualité de vie.
EN SAVOIR PLUS: Centre de ressources sur la santé des femmes
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