L’espoir d’une baisse des taux d’intérêt par la Réserve fédérale américaine (Fed) en décembre s’amenuise, malgré un ralentissement attendu du marché de l’emploi. Les inquiétudes persistantes concernant l’inflation, notamment dans le secteur des services, freinent les ardeurs des investisseurs.
Les contrats à terme sur les fonds fédéraux, instruments utilisés pour anticiper les décisions de la Fed, indiquent désormais une probabilité inférieure à 50 % d’une baisse des taux le mois prochain. Ce chiffre contraste fortement avec les 70 % enregistrés en début de mois.
« Ce que nous observons, c’est une certaine réticence à baisser agressivement les taux compte tenu du nombre d’incertitudes », explique Diane Swonk, économiste en chef pour les États-Unis chez KPMG. « L’inflation dans le secteur des services reste tenace et ne s’est pas éradiquée comme certains l’espéraient. »
Le marché obligataire, bien que montrant des signes de stabilisation, n’a pas encore pleinement intégré cette nouvelle orientation. Le taux de référence des bons du Trésor a rebondi depuis son plus bas d’octobre, passant d’environ 3,95 % à 4,15 % au 17 novembre, mais il continue d’évoluer dans une fourchette étroite depuis septembre. Une tendance à la baisse, amorcée en début d’année, reste néanmoins perceptible.
Par ailleurs, les obligations sensibles à la politique monétaire se négocient toujours en dessous du taux effectif des fonds fédéraux, signalant que les marchés obligataires anticipent toujours des baisses de taux à terme.
Une légère diminution des rendements réels des bons du Trésor, mesurée via le marché des TIPS (Treasury Inflation-Protected Securities), suggère que les préoccupations inflationnistes restent modérées.
Une étude récente de la Fed de San Francisco apporte un argument aux partisans d’une politique monétaire plus accommodante. Elle indique que l’augmentation des droits de douane tend à ralentir la croissance économique tout en exerçant une pression à la hausse sur l’inflation à court terme, sur la base d’une analyse de 150 ans de données économiques.
L’incertitude liée au retard dans la publication des données gouvernementales pourrait également expliquer cette prudence. Cependant, la situation devrait s’éclaircir avec la reprise des publications économiques, les bureaux fédéraux ayant rouvert. Les prochains chiffres, notamment le rapport sur l’emploi de septembre prévu pour le 20 novembre, seront scrutés à la loupe.
Les économistes prévoient une légère amélioration des créations d’emplois, avec une augmentation de 50 000 par rapport aux 22 000 enregistrés en août, selon les estimations d’Econoday.com. Même si ces prévisions se confirment, elles souligneront le ralentissement significatif du marché du travail par rapport au premier trimestre, où les créations d’emplois avaient atteint une moyenne de 111 000.
La question clé est de savoir si les prochaines données sur l’inflation seront suffisamment supérieures aux attentes pour apaiser les craintes d’un affaiblissement de l’emploi. À ce stade, Wall Street adopte une position neutre, dans l’attente de nouvelles informations.
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