Publié le 16 novembre 2023. Après trois ans d’épidémie, l’Organisation mondiale de la santé a levé l’urgence sanitaire internationale concernant le mpox, mais les experts belges soulignent que le virus continue de circuler et que la durée de l’immunité reste à déterminer.
- L’OMS a levé l’urgence internationale concernant le mpox en septembre 2023, mais la menace n’a pas disparu.
- Les personnes infectées par le mpox développent des anticorps pendant une période prolongée, suggérant une immunité durable.
- L’efficacité à long terme de la vaccination contre le mpox est encore incertaine et fait l’objet d’une nouvelle étude internationale.
La maladie, autrefois connue sous le nom de variole du singe, est désormais appelée mpox pour éviter la stigmatisation et la confusion. Le virus, une zoonose présente notamment en Afrique centrale, se transmet par contact et peut provoquer des éruptions cutanées douloureuses ainsi que des symptômes pseudo-grippaux. Si le taux de mortalité a diminué grâce à l’amélioration des capacités de dépistage, passant de 3,5 % à environ 1 %, le virus reste une préoccupation de santé publique.
En 2022, une épidémie mondiale d’un variant du groupe 2 (2b) a touché de nombreux pays, dont la Belgique. Depuis 2023, de nouveaux foyers sont apparus en Afrique centrale avec des variants du groupe 1. Les recherches menées par le docteur Christophe Van Dijck de l’ITG (Institut de Tropical Medicine) révèlent que les personnes ayant contracté le mpox développent des anticorps pendant une longue période.
« On voit que les personnes qui ont reçu du MPOX produisent des anticorps pendant longtemps. »
Docteur Christophe Van Dijck
« Leur système immunitaire reste actif pendant au moins deux ans. Cela signifie que les réinfections resteront pour l’instant exceptionnelles », explique le docteur Van Dijck. Cependant, l’étude de l’institut anversois a également comparé les échantillons sanguins de personnes infectées en 2022 à ceux de personnes vaccinées. Les résultats indiquent que la réponse immunitaire chez les personnes vaccinées est moins forte et de plus courte durée.
« Nous ne savons pas encore avec certitude si cela signifie qu’elles sont à nouveau plus sensibles à la maladie et si une revaccination est nécessaire », précise Van Dijck. C’est pourquoi une nouvelle étude de suivi a été lancée en collaboration avec des partenaires de Suède, de France et d’Irlande. L’objectif est de déterminer si une dose de rappel est nécessaire pour prolonger la protection chez les personnes précédemment vaccinées.
Une mère congolaise applique des médicaments sur la peau de son enfant, qui est traitée contre le MPox.© Reuters