Publié le 19 novembre 2025 10h35. Une dispute diplomatique s’intensifie entre le Japon et la Chine après des déclarations du Premier ministre japonais concernant Taïwan, entraînant des avertissements aux voyageurs et des perturbations économiques.
- Le Japon a mis en garde ses citoyens en Chine contre les rassemblements et la nécessité de faire preuve de prudence.
- La Chine a conseillé à ses citoyens d’éviter de voyager au Japon et a protesté fermement contre les propos du Premier ministre japonais.
- Des films japonais ont vu leur sortie en Chine reportée, et les actions japonaises ont subi une baisse significative.
La tension monte entre Pékin et Tokyo suite aux déclarations de Sanae Takaichi, la Première ministre japonaise, concernant Taïwan. Le gouvernement japonais a émis un avis de sécurité pour ses ressortissants en Chine, les exhortant à la vigilance et à éviter les lieux fréquentés, en particulier ceux associés à la communauté japonaise. L’ambassade du Japon à Pékin a publié un communiqué lundi, appelant ses citoyens à « faire attention à leur environnement et à éviter autant que possible les endroits où se rassemblent de grandes foules, ou les lieux susceptibles d’être identifiés comme fréquentés par de nombreux Japonais ».
En réponse, la Chine a conseillé à ses citoyens de ne pas se rendre au Japon, invoquant des préoccupations de sécurité. Cette annonce a eu un impact immédiat sur les marchés financiers, avec une chute de plus de 3 % des actions japonaises mardi. Le secteur du tourisme et du commerce de détail a été particulièrement touché après l’avertissement chinois. Selon l’analyste de l’aviation Li Hanming, environ 500 000 billets d’avion de Chine vers le Japon ont été annulés depuis le 15 novembre.
La dispute a été déclenchée par les propos de Mme Takaichi suggérant que Tokyo pourrait intervenir militairement en cas d’attaque contre Taïwan, île que la Chine considère comme une province renégate. Pékin a réagi avec véhémence, demandant à la Première ministre japonaise de retirer ses déclarations et convoquant l’ambassadeur du Japon. Le consul général de Chine à Osaka, Xue Jian, avait même proféré des menaces sur les réseaux sociaux, avant que son message soit supprimé.
Tokyo a convoqué l’ambassadeur de Chine pour protester contre cette publication. Le gouvernement japonais a tenté de calmer les esprits en affirmant que l’ordre public au Japon n’avait pas été perturbé et en exhortant Pékin à prendre des mesures appropriées. Masaaki Kanai, le plus haut responsable du ministère japonais des Affaires étrangères chargé des affaires Asie-Pacifique, s’est entretenu mardi à Pékin avec son homologue chinois, Liu Jinsong.
La Chine a réaffirmé sa position lors de cette rencontre. La porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Mao Ning, a déclaré : « Les erreurs de Takaichi violent gravement le droit international et les normes fondamentales régissant les relations internationales », ajoutant que ses commentaires « endommagent fondamentalement les fondements politiques des relations sino-japonaises ». Elle a également souligné que la Chine s’engage à « protéger la sécurité » des étrangers sur son territoire.
Parallèlement, des signes de tensions culturelles émergent. China Film News, un média supervisé par l’administration chinoise du cinéma, a annoncé le report de la sortie de deux films japonais, « Crayon Shin-chan le film : Super chaud ! Les danseurs épicés de Kasukabe » et « Cells at Work! », initialement prévus pour les 6 décembre et 22 novembre respectivement. Le média a justifié cette décision en affirmant que les « commentaires provocateurs du Japon affecteront inévitablement la perception du public chinois à l’égard des films japonais ».
Avant d’accéder à ses fonctions le mois dernier, Mme Takaichi s’était déjà distinguée par ses critiques virulentes à l’égard de la Chine et de son renforcement militaire dans la région Asie-Pacifique. Elle avait notamment déclaré que, dans le cas d’une urgence à Taïwan impliquant l’utilisation de la force, cela pourrait constituer une menace existentielle pour le Japon, justifiant ainsi une intervention militaire en vertu de la doctrine de sécurité japonaise.
AFP
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