Publié le 19 novembre 2025 à 12h47. Les États-Unis ont annoncé leur intention de qualifier le « Cartel des Soleils », un réseau présumé d’officiels militaires et gouvernementaux vénézuéliens impliqués dans le trafic de drogue, d’organisation terroriste étrangère, intensifiant ainsi la pression sur le régime de Nicolás Maduro.
- Le Département d’État américain désignera le Cartel des Soleils comme organisation terroriste étrangère (FTO) à compter du 24 novembre.
- Cette désignation s’accompagne de mesures supplémentaires contre le trafic de drogue, notamment un déploiement militaire dans les Caraïbes et le Pacifique.
- Le Cartel des Soleils, dont le nom provient des insignes portés par les généraux vénézuéliens, opère à travers un réseau de cellules déconnectées au sein de l’armée.
Washington a franchi une nouvelle étape dans sa lutte contre le trafic de drogue en provenance du Venezuela en annonçant qu’elle classera le Cartel des Soleils comme organisation terroriste étrangère (FTO). Cette décision, qui prendra effet le 24 novembre, s’inscrit dans une série de mesures prises depuis août par l’administration américaine pour contrer les activités criminelles liées au Venezuela.
En juillet 2025, le Département du Trésor avait déjà sanctionné le Cartel des Soleils en tant qu’organisation terroriste mondiale, l’accusant de fournir un soutien matériel à des groupes terroristes étrangers tels que le Tren de Aragua et le cartel de Sinaloa, menaçant ainsi la sécurité et la paix des États-Unis. La désignation de FTO, plus sévère, implique des restrictions supplémentaires et des sanctions.
L’origine de ce réseau remonte aux années 1990, mais il a pris de l’ampleur ces derniers mois, notamment en raison des sanctions et des actions entreprises par les États-Unis, en particulier sous l’administration de Donald Trump. En 2020, le ministère américain de la Justice avait inculpé Nicolás Maduro et 14 autres hauts fonctionnaires pour des crimes liés au narcoterrorisme, à la corruption et au trafic de drogue.
Origine du nom « Cartel des Soleils »
Le nom de ce réseau provient des insignes en forme de soleil que portent les généraux vénézuéliens sur leurs uniformes. Le terme est apparu publiquement en 1993, suite à une enquête pour corruption impliquant deux généraux de la Garde nationale. Depuis le milieu des années 2000, l’expression s’est répandue en raison de la multiplication des accusations d’implication de policiers dans le trafic de drogue, selon l’organisation Insight Crime.
Comment fonctionne l’organisation ?
Contrairement aux cartels traditionnels, le Cartel des Soleils ne possède pas de structure pyramidale, de direction unique ou d’idéologie clairement définie. Selon Jeremy McDermott, co-fondateur d’Insight Crime, il s’agit plutôt « d’une série de cellules généralement déconnectées intégrées au sein des forces militaires vénézuéliennes ». CNN rapporte que cette structure permet aux membres d’opérer à différents niveaux de l’armée sans ligne de commandement centralisée.
Les chercheurs estiment que ce système a permis aux officiers de tous grades de s’enrichir grâce à des activités criminelles, en échange de leur loyauté politique et militaire. Insight Crime a identifié 123 fonctionnaires et militaires vénézuéliens, actifs ou retraités, qui seraient liés au trafic de cocaïne, selon les autorités américaines.
Bien que principalement associé aux secteurs militaires, le réseau criminel s’étendrait également aux services de police, à l’administration publique et aux agences du pouvoir exécutif, qui faciliteraient les opérations de protection, de logistique et de transport.
Le gouvernement vénézuélien a à plusieurs reprises nié l’existence du Cartel des Soleils, affirmant qu’il s’agit d’une fausse accusation destinée à justifier un changement de régime.
Contrôle du territoire et des itinéraires du trafic de drogue
Selon les rapports et les dossiers consultés par Insight Crime, le rôle le plus fréquent de l’armée vénézuélienne dans le trafic de drogue est de garantir le passage en toute sécurité des marchandises et de faciliter l’utilisation de pistes d’atterrissage et d’aéroports clandestins pour les vols vers l’Amérique centrale et les Caraïbes.
Dans les États frontaliers, tels que Zulia, Apure et Táchira, les agents stationnés dans les zones stratégiques décideraient si une cargaison de drogue est autorisée à passer ou est interceptée, assurant parfois une protection pendant le transport. Une autre tactique courante consiste à manipuler les radars militaires, des agents exigeant des paiements des trafiquants pour désactiver les systèmes de surveillance aérienne ou pour enregistrer les vols illicites comme des opérations légales.
Des enquêtes suggèrent également d’éventuelles autorisations irrégulières d’expéditions de drogue à partir de terminaux portuaires et d’aéroports contrôlés par l’armée, bien qu’il n’y ait pas encore de preuves concluantes à ce sujet.
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