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For Good’ Keeps Pulling Her Down │ Exclaim!

by Antoine Girard

Après un premier volet triomphal, la suite de Wicked, intitulée Wicked: For Good, peine à convaincre malgré les ambitions de son réalisateur. Si les performances d’Ariana Grande et Cynthia Erivo restent au sommet, le film souffre d’un scénario inégal et d’une mise en scène parfois excessive.

Cynthia Erivo et Ariana Grande reprennent leurs rôles d’Elphaba et de Glinda avec une intensité remarquable, confirmant le talent qu’elles avaient déjà déployé dans le premier opus. Grande, en particulier, brille de mille feux, s’appropriant pleinement le personnage de Glinda et explorant des facettes plus sombres et complexes que dans le film précédent. Elle offre une interprétation nuancée et captivante.

Wicked: For Good se déroule cinq ans après qu’Elphaba ait été injustement surnommée la Méchante Sorcière de l’Ouest. Le film explore les machinations du Magicien d’Oz (Jeff Goldblum) et de Madame Morrible (Michelle Yeoh) qui, par une manipulation habile et une rhétorique politique agressive, cherchent à consolider leur pouvoir. Morrible utilise Glinda pour maintenir l’approbation du public tout en attisant ses craintes envers Elphaba. Parallèlement, Fiyero (Jonathan Bailey), désormais Capitaine de la Garde, est chargé de traquer et d’éliminer Elphaba, malgré les sentiments persistants qu’il entretient pour elle.

Le saut dans le temps est particulièrement visible chez Elphaba. Les années d’isolement l’ont transformée, la rendant plus forte et déterminée à sauver les Animaux et à dénoncer les mensonges du Magicien. Cependant, cette force s’accompagne d’une profonde tristesse, alors qu’elle sombre, rejetée par Glinda et sa sœur Nessarose (Marissa Bode), dans le rôle de la Méchante Sorcière que l’on connaît dans Le Magicien d’Oz. La performance d’Erivo, notamment dans l’interprétation de la chanson « No Good Deed », est particulièrement touchante. Elle évite les clichés de la méchanceté pure et opte pour une approche plus subtile et vulnérable, rappelant que chacun, dans ses moments les plus sombres, doit faire face à ses propres démons.

Le travail du costumier Paul Tazewell, récompensé cette année par un Oscar historique pour ses costumes du premier volet, est également à saluer. Ses créations continuent d’élever l’esthétique de l’univers d’Oz, compensant parfois les faiblesses du jeu de certains acteurs, comme Michelle Yeoh, dont le casting semble malheureux, et Jonathan Bailey, dont le rôle est sous-exploité. Tazewell utilise avec brio la couleur, la forme et la texture pour refléter les nouvelles circonstances de chaque personnage.

Le film bénéficie également de deux nouvelles chansons composées par Stephen Schwartz (« No Place Like Home » et « The Girl in the Bubble »), qui s’intègrent harmonieusement à la bande originale. Wicked: For Good est donc un film qui se savoure par ses éléments individuels – performances, décors, chansons – plus que par son ensemble. Le scénario parfois fade, le ton inégal, le montage maladroit et les scènes d’action forcées constituent autant d’obstacles sur la route de « For Good », le moment musical le plus attendu du film. Mais lorsque ce moment arrive – un échange tendre et sincère entre deux êtres qui s’aiment, loin du bruit et du chaos – il est véritablement magique.

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