Publié le 2025-11-20 12:59:00. La Cour suprême indienne a clarifié les pouvoirs des gouverneurs d’États et du président de la République concernant l’approbation des lois, statuant qu’un gouverneur peut renvoyer un projet de loi au président même après qu’il ait été réadopté par l’assemblée législative.
- La Cour a jugé que l’article 200 de la Constitution ne restreint pas la possibilité pour un gouverneur de soumettre un projet de loi à l’approbation présidentielle, même après un second vote favorable à l’assemblée.
- Cette décision intervient dans le cadre d’un litige concernant les projets de loi renvoyés par le gouverneur du Tamil Nadu, et remet en question une précédente interprétation de la Cour.
- La Cour a souligné que cette flexibilité permet de garantir un examen approfondi des lois, notamment en cas de questions interétatiques ou fédérales.
La Cour suprême indienne a rendu un avis important concernant les pouvoirs constitutionnels des gouverneurs et du président en matière législative. Elle a précisé que, contrairement à ce qui avait été précédemment interprété, un gouverneur n’est pas tenu d’approuver automatiquement un projet de loi une fois qu’il a été réadopté par l’assemblée législative après un premier refus. Le gouverneur conserve la possibilité de le renvoyer au président pour examen.
Selon la Cour, la formulation de l’article 200 de la Constitution, qui stipule que le gouverneur « ne doit pas refuser son consentement », se limite à interdire un refus pur et simple. Elle n’empêche pas le gouverneur de suspendre sa décision et de solliciter l’avis du président. Le juge en chef BR Gavai, à la tête du collège de cinq juges, a expliqué que cette interprétation est cohérente avec le texte constitutionnel et renforce le processus de dialogue et de consultation entre les différentes branches du pouvoir.
La Cour a également rejeté l’argument selon lequel un projet de loi ne pourrait être renvoyé qu’une seule fois. Elle a souligné les différences entre l’article 200, qui concerne le renvoi par le gouverneur, et l’article 201, qui traite du renvoi par le président. L’article 201 impose un délai de six mois à l’assemblée législative pour réexaminer le projet de loi, alors que l’article 200 ne prévoit pas de délai similaire. Ces distinctions démontrent que les deux procédures sont distinctes et ont des conséquences différentes.
Cette décision intervient dans le contexte d’un litige impliquant le gouverneur du Tamil Nadu, qui avait renvoyé plusieurs projets de loi réadoptés par l’assemblée. Une précédente formation de deux juges de la Cour suprême avait estimé que le gouverneur n’avait pas le droit de renvoyer ces projets de loi une seconde fois. Le collège de cinq juges s’est écarté de cette interprétation, ouvrant ainsi la voie à une nouvelle analyse des pouvoirs des gouverneurs.
L’avis a été rendu suite à une référence du président en vertu de l’article 143 de la Constitution, soulevant quatorze questions spécifiques. Il s’agit d’une clarification importante des pouvoirs constitutionnels et devrait avoir un impact sur la manière dont les lois sont examinées et approuvées en Inde. La composition du tribunal était la suivante : CJI BR Gavai, juge Surya Kant, juge Vikram Nath, juge PS Narasimha et juge AS Chandurkar.
Détails de l’affaire : IN RE : ASENTEMENT, RETENTION OU RÉSERVE DE PROJETS DE LOI PAR LE GOUVERNEUR ET LE PRÉSIDENT DE L’INDE
Citation : 2025 LiveLaw (SC) 1124
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