Publié le 20 novembre 2025 à 12h23. Des travailleurs de l’industrie pétrolière vénézuélienne, confrontés à des années de précarité, dénoncent un gaspillage de fonds publics au profit de campagnes de communication et de défense juridique de responsables de PDVSA, et menacent de manifester à Madrid lors de la projection d’un documentaire sur la compagnie pétrolière.
- L’association Petroamigos accuse la direction ad hoc de PDVSA, dirigée par Horacio Medina, d’avoir commis un « crime social » en privilégiant des dépenses personnelles à l’indemnisation des travailleurs.
- Les critiques portent sur le financement de documentaires et de films, ainsi que sur les frais de défense juridique de responsables accusés de corruption et de blanchiment d’argent.
- Les travailleurs exhortent les dirigeants de l’opposition vénézuélienne à prendre position face à ces accusations, sous peine d’être considérés comme complices.
La crise qui frappe l’industrie pétrolière vénézuélienne a débordé sur Madrid, où des représentants syndicaux et des travailleurs de PDVSA (Petróleos de Venezuela, S.A.) ont publiquement dénoncé ce qu’ils considèrent comme une gestion irresponsable des fonds publics. Leur déclaration a été faite devant Antonio Ledezma, ancien maire et figure de l’opposition vénézuélienne, en amont de la projection du documentaire PDVSA, de l’espoir à l’effondrement, prévue le jeudi 20 novembre à l’Ocine Torre Caicedo, au 259 Paseo de la Castellana.
Les travailleurs non rémunérés dénoncent l’utilisation de ressources financières considérables pour financer des opérations de communication alors que la situation économique des employés de PDVSA se détériore. Ils estiment que ces dépenses constituent une « moquerie ostentatoire » et un outil de « promotion personnelle » pour Horacio Medina, à la tête de la direction ad hoc de la compagnie.
Le document de dénonciation, signé par l’association civile Petroamigos – qui regroupe une grande partie des travailleurs licenciés lors des mouvements sociaux de 2002-2003 – accuse directement la direction de PDVSA d’avoir commis un « crime social ». Les fonds publics, selon Petroamigos, sont détournés pour financer des dépenses de propagande et la défense juridique d’actions personnelles, qualifiées de corruption, au détriment des compensations dues aux travailleurs persécutés depuis plus de 20 ans.
Deux points de gaspillage sont particulièrement mis en lumière. D’une part, le financement de documentaires et de films coûteux, dont les projections à Miami et à Madrid, perçues comme une utilisation abusive des actifs pétroliers. D’autre part, les dépenses engagées pour les « avocats pénalistes en col blanc » chargés de défendre Horacio Medina contre des accusations de corruption et de blanchiment d’argent, alors que des milliers de travailleurs du secteur pétrolier sont confrontés à des difficultés financières extrêmes, incapables de se soigner ou de payer leurs funérailles.
Au-delà de la dénonciation de la direction ad hoc de PDVSA, les travailleurs adressent un message clair aux principaux dirigeants de l’opposition vénézuélienne : Edmundo González Urrutia, María Corina Machado, Antonio Ledezma et Humberto Calderón Berti. Ils soulignent que le silence face à ces faits pourrait être interprété comme une complicité par omission dans la violation des droits des travailleurs. Ils appellent à une prise de position ferme et immédiate, avant que la situation ne dégénère en manifestations sur le Paseo de la Castellana.
Les manifestants prévoient d’afficher le message suivant : « Pendant que les travailleurs meurent sans être indemnisés, l’intérim paie les fêtes et les films ».
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