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Régie de l’assurance maladie du Québec | Des craintes exprimées quant à la livraison des services

La Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ) voit ses activités considérablement ralenties par les compressions budgétaires imposées par le gouvernement provincial. Des projets sont suspendus et l'organisation doit supprimer l'équivalent de 79 postes, soulevant des inquiétudes quant…

Régie de l’assurance maladie du Québec | Des craintes exprimées quant à la livraison des services

La Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) voit ses activités considérablement ralenties par les compressions budgétaires imposées par le gouvernement provincial. Des projets sont suspendus et l’organisation doit supprimer l’équivalent de 79 postes, soulevant des inquiétudes quant à sa capacité à maintenir l’accès aux soins.

L’impact des restrictions financières est déjà palpable. En octobre 2024, le PDG de la RAMQ, Marco Thibault, alertait le sous-ministre de la Santé, Daniel Paré, sur la suspension de plusieurs projets, soulignant leur « impact majeur sur la livraison de nos services ». Sans un financement adéquat, il prévoyait que la capacité de la RAMQ à remplir son rôle d’assureur public serait compromise, affectant tant les citoyens que les professionnels de la santé.

Un an plus tard, la situation s’est concrétisée. Pour la période 2025-2026, le budget de la RAMQ a été réduit de 10,8 millions de dollars (en plus des 28,7 millions de dollars de coupes antérieures), obligeant l’organisation à supprimer 79 équivalents temps plein.

La RAMQ se montre prudente quant à la divulgation des projets suspendus et des conséquences précises sur ses services. Dans un courriel, sa porte-parole, Caroline Dupont, explique que « avec les enjeux budgétaires du gouvernement, nous avons dû ralentir le rythme de nos travaux de façon générale », citant en exemple les activités de documentation et d’analyse.

Cette situation est d’autant plus préoccupante que la RAMQ a vu ses responsabilités s’étendre au fil des ans, notamment avec l’administration du Dossier santé Québec et de la demande anticipée d’aide médicale à mourir, sans pour autant recevoir les ressources financières correspondantes. « Nous devons donc [prendre en charge] certains coûts qui devraient plutôt servir à remplir nos missions », précise Caroline Dupont.

La RAMQ tente néanmoins de rassurer, affirmant qu’elle pourra « maintenir de bons résultats » grâce à une meilleure efficacité. Elle souligne que ce ralentissement est même « salutaire », car il permet de prendre en compte les nouvelles exigences de la Loi 2, qui modifie le mode de rémunération et les conditions de travail des médecins.

Les sommes nécessaires à la mise en œuvre de cette loi ont été priorisées « à la demande du ministère de la Santé et des Services sociaux ». Parmi les chantiers en cours, le remplacement du Système de gestion de la décision (SGD), qui traite annuellement 65 millions de demandes de paiement représentant un montant de 6 milliards de dollars (plus de 10 % du budget total de la santé), est une priorité. Ce système, jugé obsolète, automatise et justifie les décisions relatives à l’acceptation ou au refus des factures des professionnels de la santé.

La RAMQ estime que la « fin de vie utile » du SGD est prévue pour 2030 et que l’appel d’offres pour son remplacement sera publié au printemps 2026.

Malgré la rigueur budgétaire, la RAMQ se dit « confiante » de respecter ses engagements, même si « certains indicateurs affichent un léger recul » par rapport à l’année précédente, selon Caroline Dupont.

La mission de la RAMQ

La Régie de l’assurance maladie du Québec a pour mission de permettre l’accessibilité aux soins de santé en gérant le régime d’assurance maladie et le régime public d’assurance médicaments. Elle assure également l’administration des programmes d’aide à la population ainsi que la gestion de la rémunération des professionnels de la santé.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.