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Les régimes riches en protéines peuvent nuire au cœur après 55 ans

Publié le 21 novembre 2025 à 06h53. Une nouvelle étude met en garde contre une consommation excessive de protéines, particulièrement chez les personnes de plus de 55 ans, en l’associant à un risque accru de problèmes cardiovasculaires. Une…

Les régimes riches en protéines peuvent nuire au cœur après 55 ans

Publié le 21 novembre 2025 à 06h53. Une nouvelle étude met en garde contre une consommation excessive de protéines, particulièrement chez les personnes de plus de 55 ans, en l’associant à un risque accru de problèmes cardiovasculaires.

  • Une étude récente révèle un lien entre un régime riche en protéines et un risque plus élevé d’événements cardiovasculaires majeurs.
  • Ce risque est particulièrement marqué chez les adultes de plus de 55 ans, qui présentent un risque accru de 36 % de crise cardiaque, d’accident vasculaire cérébral, d’insuffisance cardiaque ou de décès d’origine cardiovasculaire.
  • Aucune association significative n’a été constatée chez les adultes de moins de 55 ans.

Les protéines sont devenues un élément central des discussions nutritionnelles ces dernières années. Sur les réseaux sociaux, de nombreux influenceurs vantent les mérites d’un régime riche en protéines pour favoriser le développement musculaire, la perte de poids et l’augmentation de l’énergie. Cette idée selon laquelle une plus grande consommation de protéines équivaut à une meilleure santé s’est largement répandue.

Il est indéniable que les protéines jouent un rôle essentiel dans l’organisme : elles contribuent à la construction et à la réparation des tissus, soutiennent le système immunitaire et procurent une sensation de satiété après les repas. Pour les sportifs, un apport en protéines de 1,6 à 1,8 gramme par kilogramme de poids corporel par jour (environ 110 à 123 grammes pour une personne de 75 kg) est souvent recommandé. Cependant, en ce qui concerne les effets à long terme sur la santé, la situation est plus complexe, et un facteur important est souvent négligé : l’influence de l’âge sur cette relation.

Une nouvelle étude, publiée dans le Journal of Nutrition, Health and Aging, a cherché à combler cette lacune. Les chercheurs ont analysé les données de près de 20 000 participants afin d’examiner le lien entre les régimes riches en protéines et les événements cardiovasculaires, et de déterminer si l’âge modifie cette relation. Leurs conclusions pourraient inciter à reconsidérer les recommandations en matière de protéines, en particulier pour les personnes de plus de 55 ans.

Comment cette étude a-t-elle été menée ?

Cette étude de cohorte prospective s’est appuyée sur les données de la UK Biobank, une vaste base de données de recherche contenant des informations sur la santé de plus de 500 000 personnes. Les chercheurs ont inclus 19 420 participants ayant rempli au moins un questionnaire alimentaire détaillé entre 2009 et 2012. Pour être inclus, les participants ne devaient pas avoir d’antécédents d’insuffisance cardiaque, de crise cardiaque, d’accident vasculaire cérébral ou de maladie rénale chronique. L’âge médian des participants était de 54 ans, et près de 73 % étaient des femmes. La moitié des participants avaient moins de 55 ans, et l’autre moitié avait 55 ans ou plus.

Les chercheurs ont défini un « apport élevé en protéines » comme une consommation quotidienne de 1,8 gramme ou plus par kilogramme de poids corporel. Pour une personne pesant 75 kg, cela représente environ 135 grammes de protéines par jour. Les recommandations générales suggèrent un apport de 0,8 à 1,0 gramme par kilogramme pour la plupart des adultes, ce qui équivaudrait à 60 à 75 grammes de protéines par jour.

Le critère de jugement principal était la survenue d’événements cardiovasculaires indésirables majeurs (ECIM), notamment les crises cardiaques, l’insuffisance cardiaque, les accidents vasculaires cérébraux et les décès d’origine cardiovasculaire. Les participants ont été suivis pendant une moyenne de 13,2 ans. Afin de garantir des comparaisons équitables, les chercheurs ont utilisé l’appariement des scores de propension pour tenir compte des différences d’âge, de sexe, d’indice de masse corporelle (IMC), d’activité physique, de tension artérielle et d’autres facteurs de santé.

Qu’a révélé l’étude ?

Au cours de la période de suivi, 967 événements cardiovasculaires majeurs sont survenus. Après ajustement en fonction de divers facteurs de risque, les participants ayant un apport élevé en protéines présentaient un risque 21 % plus élevé de subir un événement cardiovasculaire majeur que ceux ayant un apport plus faible en protéines.

Les régimes riches en protéines étaient associés à un risque 43 % plus élevé d’insuffisance cardiaque, un risque 50 % plus élevé de crise cardiaque, un risque 73 % plus élevé de décès cardiovasculaire et un risque 39 % plus élevé de décès toutes causes confondues.

La principale conclusion de l’étude est que l’âge joue un rôle significatif. Chez les participants de 55 ans et plus, un apport élevé en protéines était associé à un risque 36 % plus élevé d’événements cardiovasculaires majeurs. En revanche, aucun lien significatif n’a été observé chez les personnes de moins de 55 ans.

L’étude présente certaines limites. La population étudiée était majoritairement blanche (plus de 90 %) et en bonne santé au départ. Les informations alimentaires ont été autodéclarées, et environ 36 % des participants n’ont rempli qu’un seul questionnaire. Il s’agit d’une étude observationnelle, qui ne peut donc établir une relation de cause à effet, mais seulement une association.

Comment cela s’applique-t-il à la vie réelle ?

Si vous avez augmenté votre consommation de protéines en vous basant sur l’idée que plus est toujours mieux, cette recherche suggère qu’il est peut-être temps de reconsidérer vos habitudes alimentaires.

Les chercheurs pensent qu’il pourrait y avoir plusieurs explications à ces résultats. Les régimes riches en protéines peuvent augmenter les niveaux d’acides aminés à chaîne ramifiée, qui sont liés à l’inflammation et au stress oxydatif. Le métabolisme des protéines produit également un composé appelé triméthylamine N-oxyde (TMAO), qui est associé à l’athérosclérose (également connue sous le nom de « durcissement des artères »). Les niveaux de TMAO augmentent avec l’âge et peuvent être plus difficiles à éliminer pour les personnes âgées.

Cela ne signifie pas qu’il faut éviter les protéines. Elles restent essentielles pour maintenir la masse et la force musculaires avec l’âge. Cependant, il semble exister une limite à leurs bienfaits, en particulier pour les adultes de plus de 55 ans.

Que devez-vous faire ? Si vous consommez plus de 1,8 gramme par kilogramme par jour et que vous avez plus de 55 ans, il est conseillé de discuter avec un professionnel de la santé ou un diététiste agréé pour déterminer si ce niveau est approprié. La recommandation standard de 0,8 à 1,0 gramme par kilogramme reste raisonnable pour la plupart des adultes, avec un apport légèrement plus élevé (1,0 à 1,2 gramme) parfois suggéré aux personnes âgées afin de préserver leur masse musculaire.

Il est également important de tenir compte de la qualité des protéines. Privilégier les légumineuses, les lentilles, les noix et les graines, ainsi que les protéines animales, est généralement bénéfique pour la santé cardiovasculaire. N’oubliez pas que les protéines ne sont qu’un élément d’une alimentation saine pour le cœur : l’activité physique régulière, le maintien d’un poids santé et la gestion de la tension artérielle sont également essentiels.

Notre avis d’expert

Une nouvelle étude a révélé qu’un régime riche en protéines (1,8 gramme ou plus par kilogramme de poids corporel par jour) était associé à un risque cardiovasculaire accru, en particulier chez les adultes de plus de 55 ans, qui présentaient un risque 36 % plus élevé d’événements majeurs tels qu’une crise cardiaque et un accident vasculaire cérébral. Ces résultats suggèrent que les recommandations en matière de protéines devront peut-être être personnalisées en fonction de l’âge. Si vous avez plus de 55 ans et consommez de grandes quantités de protéines, envisagez de consulter un diététiste agréé pour déterminer si votre apport est adapté à vos besoins.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.