Le Parti libéral suédois est à la croisée des chemins : vendredi, ses membres devront décider s’ils maintiennent leur alliance actuelle avec les Démocrates suédois, une question qui divise profondément le parti et pourrait compromettre sa survie politique.
La direction du parti souhaite poursuivre la collaboration avec les Démocrates suédois après les prochaines élections, mais sans leur accorder de postes ministériels. Une position inacceptable pour le parti d’extrême droite, qui exige une participation au gouvernement en échange de son soutien. Cette impasse menace de faire voler en éclats le gouvernement Tidö, une coalition formée avec les Modérés et les Démocrates-chrétiens après les élections précédentes.
La situation est d’autant plus préoccupante pour les libéraux que les sondages les annoncent au plus bas, avec seulement 2 % des intentions de vote – un score historiquement bas, bien en deçà du seuil de 4 % requis pour être représenté au Parlement. 38 représentants du parti ont exprimé leur inquiétude dans un article d’opinion publié dans Svenska Dagbladet, estimant que la ligne actuelle de la direction ne fera qu’accélérer l’hémorragie d’électeurs.
« Croire que la ligne de la direction du parti fera revenir les électeurs est une illusion », ont-ils écrit, appelant à une position plus indépendante, sans liens avec les autres formations politiques.
À l’inverse, un troisième groupe au sein du parti plaide pour une ouverture plus grande aux Démocrates suédois, leur permettant d’accéder à des postes ministériels. Eva Flyborg, une élue municipale de Göteborg, a déclaré à l’agence de presse TT qu’elle s’attend à un débat animé lors du congrès de vendredi soir.
« C’est bien si c’est le cas, afin que les alternatives soient clairement définies », a-t-elle affirmé. « Nous devons nous concentrer sur la politique et sur la résolution des problèmes graves auxquels la Suède est confrontée, plutôt que de nous quereller avec les autres partis. »
Jan Jönsson, membre de la direction du parti opposé à l’intégration des Démocrates suédois au gouvernement, s’est dit favorable à ce débat. « Nous sommes venus ici pour débattre, sinon nous aurions pu rester chez nous », a-t-il déclaré à l’agence de presse.
Le congrès du Parti libéral, qui se tient vendredi, devrait donc aboutir à une décision cruciale pour l’avenir de la formation et de la configuration politique suédoise.
Pour aller plus loin
