Publié le 21 novembre 2025 13:09:00. Une alerte sanitaire a été lancée en Colombie face à la propagation de l’encéphalite équine orientale (EEO), une maladie virale transmise par les moustiques qui menace la santé des chevaux et, potentiellement, celle des humains, alors qu’un vaccin spécifique fait cruellement défaut.
- L’Institut Colombien de l’Agriculture (ICA) et Fedekinas signalent la présence du virus de l’EEO sur l’ensemble du territoire national.
- L’absence de vaccin contre l’EEO, contrairement à l’encéphalite équine vénézuélienne (EEV), inquiète particulièrement les éleveurs.
- Les événements équestres sont sous surveillance stricte ou suspendus dans les zones à risque, impactant l’économie rurale.
La Colombie est confrontée à une recrudescence de l’encéphalite équine orientale (EEO), une maladie virale transmise par les moustiques. L’Institut Colombien de l’Agriculture (ICA) et la Fédération des éleveurs de chevaux (Fedekinas) ont émis une alerte nationale, soulignant le risque pour la santé animale et, dans une moindre mesure, humaine. Des mesures de surveillance et de contrôle ont été immédiatement activées à travers le pays.
Le virus de l’EEO affecte principalement les chevaux, qui agissent comme des hôtes terminaux, c’est-à-dire qu’ils ne transmettent pas directement le virus à d’autres animaux ou à l’homme. Néanmoins, la situation suscite de vives préoccupations quant à son impact sanitaire, économique et social, en particulier dans les régions où les activités équestres sont au cœur de la vie productive et culturelle. Une alerte a été déclenchée dans le département de Sucre, où la maladie a été détectée sans vaccin disponible.
La transmission de l’EEO se fait exclusivement par la piqûre d’insectes infectés. L’ICA recommande donc de mettre en œuvre des mesures de contrôle vectoriel urgentes, telles que l’élimination des gîtes larvaires, l’installation de moustiquaires dans les écuries, l’utilisation de répulsifs et la fumigation ciblée, notamment dans les zones où des cas suspects ont été signalés. L’ICA a d’ailleurs diffusé un message clair sur les réseaux sociaux :
✋ Assez de couvoirs ! L’eau stagnante présente un risque d’encéphalite équine. 💦
Nous voulons que vos chevaux soient en bonne santé et vous aussi. La clé pour lutter contre cette maladie est d’éliminer les endroits où se reproduit le moustique vecteur.
Votre mission : 🗑️ swipe et découvre le… pic.twitter.com/XFe8BMaSZS
– ICA Colombie (@ICACOLOMBIA) 11 novembre 2025
La situation est d’autant plus préoccupante que la Colombie surveille également deux autres encéphalites équines : celle de l’Ouest (EEO), qui n’est pas présente sur le territoire mais représente une menace potentielle, et celle du Venezuela (EEV), pour laquelle un vaccin obligatoire existe déjà.
Un vaccin indispensable
L’un des principaux problèmes est le manque de vaccin contre l’EEO disponible en Colombie. Alors que la vaccination contre l’EEV est obligatoire pour la mobilisation des équidés et la participation à des compétitions en altitude (entre 0 et 1 500 mètres), aucun outil similaire n’existe pour lutter contre l’EEO. Les vaccins disponibles à l’étranger sont polyvalents et couvrent l’EEO, l’EEO et d’autres agents viraux, mais leur utilisation pourrait interférer avec le système national de diagnostic.
Les conséquences de cette épidémie se font déjà sentir dans le secteur rural. Les foires aux bestiaux, les promenades à cheval, les concours et les rallyes équestres sont soumis à une surveillance accrue ou ont été suspendus dans les zones à risque, affectant directement des centaines de petits et moyens producteurs, ainsi que les économies locales qui dépendent du tourisme rural et des événements traditionnels liés au cheval Criollo colombien.
Les organisateurs d’événements sont tenus de garantir des conditions sanitaires strictes, d’exiger des certificats de vaccination contre l’EEV et de maintenir les zones exemptes de gîtes larvaires. Après chaque compétition, une surveillance des chevaux pendant au moins 14 jours est recommandée afin de détecter d’éventuels symptômes neurologiques et de les signaler immédiatement.
Bien que les chevaux ne soient pas une source d’infection pour l’homme, une transmission peut survenir en cas de piqûre d’insecte porteur du virus. Cela souligne le caractère de santé publique de l’alerte et la nécessité d’une collaboration étroite entre les entités du secteur agricole, de la santé, du tourisme et les autorités locales.
« L’ICA réitère l’importance de la détection précoce et du signalement immédiat des symptômes suspects », a souligné l’entité dans son dernier communiqué. L’alerte est maximale pour les éleveurs des Caraïbes, confrontés à une crise potentielle.
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