Publié le 22 novembre 2025 à 15h24. Une simple promenade quotidienne pourrait être un allié inattendu pour préserver la santé de notre cerveau et retarder les effets du vieillissement, selon une nouvelle étude menée par des chercheurs de Harvard.
- Marcher entre 5 000 et 7 000 pas par jour est associé à une meilleure santé cérébrale et à un ralentissement de l’accumulation de protéines tau, impliquées dans la maladie d’Alzheimer.
- Même une activité physique modérée, dès 3 000 pas par jour, peut être bénéfique, en particulier pour les personnes présentant un risque élevé de développer la maladie.
- L’étude, qui a suivi près de 300 adultes pendant 14 ans, souligne l’importance de l’activité physique tout au long de la vie pour maintenir un cerveau en bonne santé.
Le neurologue Jasmeer Chhatwal, de l’université Harvard, a pris l’habitude de quitter son bureau chaque après-midi pour une promenade d’environ un kilomètre et demi afin de prendre un café. Ce rituel, explique-t-il, ne se résume pas à un simple besoin de caféine. Selon ses recherches, une marche de 20 minutes peut contribuer à prévenir les symptômes du déclin cognitif liés à l’âge, comme les pertes de mémoire.
Sa dernière étude, publiée le 3 novembre dans la revue Nature Medicine, démontre l’impact significatif même d’une activité physique modérée sur la santé cérébrale. L’objectif ? 5 000 pas par jour – soit environ trois kilomètres.
« Les gens n’ont pas besoin de courir des marathons. En ce qui concerne les choses que vous pouvez faire pour vous-même et votre cerveau, c’est une chose assez simple. »
Jasmeer Chhatwal, neurologue à Harvard
Les chercheurs soulignent que le mode de vie, la génétique et l’environnement peuvent influencer le risque de déclin cognitif. Cependant, ils constatent de plus en plus qu’un risque accru ne signifie pas inévitablement le développement de la maladie d’Alzheimer et que de petits changements dans les habitudes quotidiennes peuvent avoir un impact considérable.
L’étude récente, menée par Jasmeer Chhatwal et ses collègues de la Harvard Medical School et du Mass General Brigham, a examiné près de 300 adultes en bonne santé cognitive, âgés de 50 à 90 ans. Pour comprendre l’évolution de leur cerveau au fil du temps, les chercheurs ont recherché des marqueurs clés du risque de maladie d’Alzheimer, notamment la présence de dépôts de protéines amyloïdes et tau, qui peuvent s’accumuler et endommager les cellules nerveuses.
L’amyloïde tend à apparaître en premier dans le cerveau, parfois des années avant les premiers symptômes. La protéine tau, qui se manifeste plus tard, est associée à des troubles de la mémoire, des changements de comportement et un déclin cognitif. Les analyses cérébrales ont révélé que les participants marchant entre 5 000 et 7 000 pas par jour présentaient un cerveau en meilleure santé, un fonctionnement cognitif amélioré et une accumulation plus lente de la protéine tau par rapport à ceux qui étaient plus actifs.
Ce bénéfice était observable même chez les participants présentant déjà des niveaux élevés de plaques amyloïdes au début de l’étude. Pour ce groupe à risque, un minimum de 3 000 pas par jour (environ un mile et demi) s’est avéré suffisant pour observer des effets positifs.
Des recherches antérieures avaient déjà établi un lien entre l’activité physique et une réduction du risque de maladie d’Alzheimer. Cette étude se distingue par sa durée, ayant suivi les participants jusqu’à 14 ans pour observer l’évolution lente des changements dans leur cerveau. Jasmeer Chhatwal espère poursuivre ces recherches afin de mieux comprendre les bénéfices de l’activité physique, en particulier pour les personnes les plus vulnérables. Pour l’heure, il insiste sur le fait qu’il n’est jamais trop tard pour adopter un mode de vie plus actif afin de préserver la santé de son cerveau, et que chaque petit geste compte.
Lire l’article original sur Business Insider.
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