Publié le 23 novembre 2025 à 02h35. Des divergences fortes sont apparues au sein du Congrès américain concernant un plan de paix pour l’Ukraine, présenté par l’administration américaine et impliquant des concessions territoriales à la Russie, suscitant des critiques de part et d’autre du spectre politique.
- Le Département d’État américain a affirmé que le plan de 28 points a été élaboré en collaboration avec les représentants russes et ukrainiens.
- Des sénateurs américains affirment que le secrétaire d’État Marco Rubio leur a indiqué que ce plan reflétait davantage les exigences de Moscou qu’une véritable proposition de paix américaine.
- Plusieurs membres du Sénat, démocrates et républicains, ont exprimé leurs inquiétudes quant au plan, estimant qu’il pourrait encourager davantage d’agression russe.
La controverse a éclaté après que des sénateurs ont déclaré avoir été informés par le secrétaire d’État Marco Rubio que le plan de paix, présenté la semaine dernière, ne représentait pas la position officielle de l’administration américaine, mais plutôt une liste de demandes formulées par la Russie. Le sénateur républicain Mike Rounds a expliqué :
« Le secrétaire Rubio nous a appelés cet après-midi. Il nous a clairement indiqué que nous avions reçu une proposition qui n’était pas sa recommandation, ni son plan de paix. »
Mike Rounds, sénateur républicain
Tommy Pigot, porte-parole du Département d’État, a rapidement démenti ces affirmations sur la plateforme X, qualifiant ces allégations de « falsification flagrante ». Il a insisté sur le fait que le plan avait été préparé par les États-Unis, avec la contribution des deux parties en conflit :
« Comme le secrétaire Rubio et l’ensemble de l’administration américaine l’ont constamment souligné, ce plan a été préparé par les États-Unis, avec la contribution des Russes et des Ukrainiens. »
Tommy Pigot, porte-parole du Département d’État
Rubio a ensuite confirmé que le plan avait été élaboré par Washington et qu’il constituait un « cadre solide pour les négociations en cours », tout en reconnaissant l’apport de l’Ukraine.
Les inquiétudes portent notamment sur le contenu du plan de 28 points, qui, selon plusieurs sources, impliquerait des concessions territoriales de l’Ukraine, une réduction de la taille de son armée et l’abandon de ses aspirations à rejoindre l’OTAN. En échange, le plan prévoirait des garanties de sécurité occidentales pour Kiev afin de prévenir de futures attaques russes. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déjà rejeté ce plan, qualifié de « liste de souhaits russes », et a promis de présenter des « alternatives » aux États-Unis.
Au-delà du plan spécifique, les sénateurs américains ont également exprimé leurs réserves quant à l’approche générale de Donald Trump concernant l’Ukraine. Plusieurs membres de la commission des relations internationales du Sénat ont déclaré que la paix ne pourrait être durable que si l’Ukraine était en mesure de se défendre efficacement et que la Russie était tenue responsable de ses actions. Ils ont souligné l’importance de consulter étroitement les partenaires ukrainiens et de l’OTAN, ainsi que d’exercer une pression accrue sur Moscou pour qu’elle accepte de négocier.
« Nous n’obtiendrons pas une paix durable en faisant une concession après l’autre au (président russe Vladimir) Poutine et en affaiblissant fatalement la capacité de l’Ukraine à se défendre. L’histoire nous a appris que Poutine ne comprend que la force et n’honorera aucun accord à moins qu’il ne soit obtenu par la force. »
Déclaration conjointe de membres de la commission des relations internationales du Sénat
Le président de la commission sénatoriale des forces armées, Roger Wicker, a également exprimé son scepticisme quant à la capacité du plan à ramener la paix, insistant sur le fait que l’Ukraine ne devrait pas être contrainte de céder son territoire à Vladimir Poutine. Le sénateur républicain Tim Scott a quant à lui plaidé pour l’imposition de sanctions plus sévères contre la Russie, une mesure soutenue par de nombreux membres du Congrès.
Une réunion entre des responsables ukrainiens, américains et européens est prévue dimanche en Suisse pour discuter du plan de Trump, selon plusieurs sources. Cette rencontre intervient dans un contexte de tensions croissantes et d’incertitudes quant à l’avenir des négociations de paix en Ukraine.
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