Publié le 23 novembre 2025 à 07h52. Des recherches récentes suggèrent que la solitude vécue durant l’enfance pourrait avoir des conséquences durables sur la santé cérébrale, augmentant significativement le risque de démence plusieurs décennies plus tard.
- Une étude menée sur un large échantillon de Chinois révèle que les personnes ayant éprouvé de la solitude avant l’âge de 17 ans présentent un risque accru de démence à l’âge adulte, avec une augmentation de 41 % par rapport à celles qui n’ont pas vécu d’isolement durant leur enfance.
- Les participants ayant connu de la solitude infantile ont également présenté un déclin cognitif plus rapide à partir de la cinquantaine et de la soixantaine.
- Bien que la solitude à l’âge adulte contribue également au risque, la solitude infantile apparaît comme un facteur indépendant et significatif.
La solitude n’est souvent pas perçue comme un problème de santé majeur avant un âge avancé, mais une nouvelle étude met en lumière son impact potentiel sur le cerveau, et ce, dès les premières années de la vie. Une équipe de chercheurs a analysé les données de l’étude longitudinale sur la santé et la retraite en Chine (CHARLS) et a découvert un lien frappant entre la solitude infantile et un risque accru de démence chez les adultes.
L’augmentation du risque n’est pas négligeable : les personnes ayant déclaré se sentir seules durant leur enfance présentent un risque 41 % plus élevé de développer une démence à l’âge adulte. Ce travail, publié dans JAMA Network Open, souligne l’importance de considérer les expériences précoces comme des facteurs de risque potentiels pour les maladies neurodégénératives.
Les chercheurs ont également observé que les personnes ayant vécu de la solitude dans leur enfance ont connu un déclin cognitif plus rapide à mesure qu’elles vieillissaient, dès la cinquantaine et la soixantaine. Ce déclin se manifeste par un ralentissement de la mémoire, une diminution de la vitesse de traitement de l’information et des difficultés de concentration.
Il est important de distinguer le vieillissement cognitif normal, qui se caractérise par un ralentissement progressif des fonctions cognitives, de la démence, qui se traduit par un déclin brutal et rapide. La démence est souvent associée à des maladies telles que la maladie d’Alzheimer, qui endommage les cellules cérébrales et perturbe les réseaux neuronaux essentiels, affectant le langage, le raisonnement et la mémoire.
Bien qu’il n’existe pas de remède contre la démence, de nombreuses études ont démontré que l’activité physique régulière, la stimulation cognitive et le maintien de liens sociaux peuvent contribuer à ralentir le déclin cognitif. Dans un contexte d’allongement de l’espérance de vie, il est crucial de comprendre les facteurs qui accélèrent l’apparition de la démence.
L’étude, dirigée par Jinqi Wang et ses collègues, s’est concentrée sur la question de savoir si la solitude infantile continue d’avoir un impact sur la santé cognitive à l’âge adulte. La solitude a été définie comme des sentiments fréquents d’isolement avant l’âge de 17 ans et un manque d’amitiés proches.
Les données ont été extraites de l’étude CHARLS, qui suit un groupe de Chinois âgés de 45 ans et plus. L’échantillon initial comprenait 17 707 participants répartis dans 28 provinces, mais l’analyse a été limitée à 13 592 personnes disposant de données complètes jusqu’en 2018. L’âge moyen des participants au début de l’étude était de 58 ans, et plus de la moitié étaient des femmes.
Les résultats sont restés significatifs même après avoir pris en compte la solitude à l’âge adulte. La solitude vécue durant l’enfance représente un facteur de risque indépendant, bien que la solitude à l’âge adulte explique une partie du lien (8,5 % du lien avec un déclin cognitif plus rapide et 17,2 % du risque accru de démence).
« Ces résultats suggèrent que la solitude infantile peut constituer un facteur de risque indépendant de déclin cognitif et de démence plus tard dans la vie », ont écrit les auteurs, soulignant que des interventions précoces pourraient contribuer à atténuer l’impact à long terme.
Jinqi Wang et collègues
Il est important de noter que l’étude présente certaines limites. La solitude infantile a été évaluée rétrospectivement, par des adultes de plus de 45 ans, ce qui peut introduire des biais de mémoire. Cependant, les auteurs estiment que la force de la relation observée justifie des recherches plus approfondies.
Note aux lecteurs : cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis médical professionnel. Veuillez consulter votre médecin pour toute question relative à votre santé.
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