Publié le 24 novembre 2025 à 6h26 GMT+1. La Chine a vivement réagi aux déclarations du nouveau Premier ministre japonais, Sanae Takaichi, concernant une possible intervention militaire à Taïwan, accusant Tokyo de franchir une « ligne rouge » et de menacer la paix régionale.
- Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a qualifié les propos de Mme Takaichi d’« imprudents » et de « choquants ».
- Pékin a averti qu’une intervention armée japonaise à Taïwan serait considérée comme un acte d’agression.
- La Chine a adressé une lettre de protestation au secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, dénonçant une « grave violation du droit international ».
Les tensions entre Pékin et Tokyo se sont exacerbées suite aux remarques de Sanae Takaichi, qui avait suggéré que le Japon pourrait envisager une réponse militaire en cas de blocus naval chinois de Taïwan ou d’autres actions contre l’île. Wang Yi a dénoncé cette attitude, estimant qu’elle envoie un « mauvais signal » et risque d’encourager des aventures militaires.
Dans une déclaration écrite, le chef de la diplomatie chinoise a affirmé :
« Il est choquant que les dirigeants japonais actuels aient publiquement envoyé le mauvais signal en tentant d’intervenir militairement dans la question de Taiwan, en disant des choses qu’ils n’auraient pas dû dire et en franchissant une ligne rouge qui n’aurait pas dû être touchée. »
Wang Yi, ministre chinois des Affaires étrangères
Il a également souligné la nécessité pour la Chine de « répondre résolument » et a appelé la communauté internationale à « prévenir la résurgence du militarisme japonais ».
L’ambassadeur chinois auprès des Nations Unies, Fu Cong, a renforcé cette position en adressant une lettre à Antonio Guterres, dans laquelle il prévient que toute tentative d’intervention armée japonaise serait perçue comme un acte d’agression.
« Si le Japon ose tenter une intervention armée dans la situation à travers le détroit, ce serait un acte d’agression. La Chine exercera résolument son droit de légitime défense en vertu de la Charte des Nations Unies et du droit international et défendra fermement sa souveraineté et son intégrité territoriale. »
Fu Cong, ambassadeur chinois à l’ONU
La Chine considère Taïwan comme une province renégate, qui finira par être réunifiée avec le continent, par la force si nécessaire. Elle s’oppose fermement à toute ingérence étrangère dans cette question, notamment de la part des États-Unis, principal fournisseur d’armes de Taïwan, ainsi que de leurs alliés régionaux, dont le Japon et les Philippines.
La position de Sanae Takaichi marque une rupture avec celle de ses prédécesseurs, qui, bien qu’exprimant leur inquiétude face aux menaces chinoises à l’égard de Taïwan, n’avaient pas publiquement détaillé une éventuelle réaction japonaise. Interrogée sur ses déclarations, Mme Takaichi a refusé de revenir sur ses propos, tout en indiquant qu’elle éviterait à l’avenir de spéculer sur des scénarios spécifiques.
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