Publié le 24 novembre 2023 08:01:00. La saison grippale bat son plein alors que le Covid-19 continue de circuler, poussant les experts à recommander la prudence, la vaccination et un dépistage rapide en cas de symptômes.
- Le Covid-19 représente actuellement une part plus importante des hospitalisations pour maladies respiratoires graves que la grippe.
- La vaccination contre le Covid-19 est recommandée pour les personnes de plus de 12 ans, avec un rappel annuel privilégié pour les plus de 60 ans et les personnes à risque.
- Un traitement antiviral, le nirmatrelvir/ritonavir, peut réduire significativement le risque d’hospitalisation et de décès chez les patients à risque, mais doit être administré rapidement après l’apparition des symptômes.
La circulation du Covid-19 reste préoccupante, alors que la saison grippale débute. Selon les données de surveillance des eaux usées, la charge virale du SARS-CoV-2 a déjà augmenté de manière notable à l’automne. Markus Zeitlinger, de la Clinique universitaire de pharmacologie clinique de MedUni Vienne, souligne la nécessité de maintenir une vigilance accrue.
Les chiffres récents sont éloquents : au cours des dernières semaines, près d’un tiers des hospitalisations pour maladies respiratoires graves étaient liées au Covid-19. Le tableau de bord officiel du SARI (Syndrome Respiratoire Aigu) confirme cette tendance. À la 46e semaine civile (jusqu’au 16 novembre), le Covid-19 représentait 18,7% des hospitalisations, contre seulement 2,3% pour la grippe. En mi-octobre (42e semaine civile), le Covid-19 était responsable de 31% des hospitalisations, tandis que la grippe ne représentait que 0,2%.
L’impact du Covid-19 sur la mortalité est également significatif. En 2024, le virus a causé plus de décès que la grippe, et son taux de mortalité est comparable à celui des cancers du sein ou de la prostate, a expliqué Zeitlinger lors des Journées de la santé Praevenire à Eisenstadt.
« En 2024, le Covid-19 a causé plus de décès que la grippe et est comparable à la mortalité due au cancer du sein ou de la prostate. »
Markus Zeitlinger, de la Clinique universitaire de pharmacologie clinique de MedUni Vienne
L’Autriche a enregistré 1 212 décès dus aux infections par le SARS-CoV-2 l’année dernière, contre 1 775 décès dus au cancer du sein et 1 434 décès dus au cancer de la prostate. La grippe a causé 624 décès.
La gravité de l’infection au SARS-CoV-2 varie considérablement en fonction de l’âge. Les enfants sont souvent asymptomatiques, tandis que les personnes de plus de 60 ans sont beaucoup plus susceptibles de développer des formes graves et des complications potentiellement mortelles. Environ 80% des personnes de moins de 50 ans présentent une forme légère de la maladie, contre 14% pour les plus de 60 ans.
Les recommandations actuelles mettent l’accent sur la vaccination et le dépistage. Un rappel vaccinal contre le Covid-19 est conseillé à toutes les personnes de plus de 12 ans souhaitant réduire le risque de complications graves. Il est particulièrement recommandé pour les personnes souffrant de maladies chroniques, les personnes à risque et l’ensemble des personnes de plus de 60 ans, ainsi que pour le personnel soignant.
« La vaccination de rappel contre le Covid-19 est recommandée pour toutes les personnes de plus de douze ans qui souhaitent réduire le risque d’une éventuelle évolution grave de la maladie. Une vaccination unique à l’automne est de préférence recommandée pour les personnes présentant des indications particulières (maladies chroniques, facteurs de risque ; remarque) ainsi que pour toutes les personnes de plus de 60 ans et le personnel soignant. »
Markus Zeitlinger, de la Clinique universitaire de pharmacologie clinique de MedUni Vienne
Bien que les vaccins ne préviennent pas toujours l’infection, ils modifient positivement son évolution et réduisent considérablement le risque de complications graves.
En cas de suspicion d’infection au SARS-CoV-2, il est crucial de se faire tester rapidement, en particulier pour les personnes à risque. Un traitement antiviral, à base de nirmatrelvir/ritonavir, peut être prescrit, mais son efficacité maximale est atteinte lorsqu’il est administré dans les cinq jours suivant l’apparition des symptômes. Il est donc essentiel de ne pas tarder à consulter un médecin.
Des études, notamment une étude menée dans la province de Québec au Canada et publiée dans Clinical Infectious Diseases, ont démontré l’efficacité de ce traitement. Dans l’étude canadienne, le nirmatrelvir/ritonavir a réduit de 74% la fréquence des hospitalisations, quel que soit le statut vaccinal. Le programme de thérapie gratuite de Vienne a également mis en évidence une réduction d’environ 50% des hospitalisations chez les patients traités.
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