Publié le 26 novembre 2025 07:07:00. L’Irlande risque de voir ses finances publiques se détériorer rapidement, avertit le Conseil consultatif budgétaire (IFAC), qui critique une gestion jugée trop laxiste des dépenses publiques et un manque de planification à long terme.
- L’IFAC prévoit un déficit sous-jacent de 7 milliards d’euros cette année, qui pourrait atteindre 14 milliards d’euros l’année prochaine si les recettes fiscales issues des multinationales américaines venaient à baisser.
- L’organisme de surveillance budgétaire déplore l’absence de prévisions budgétaires au-delà de 2026 et le non-respect des objectifs de maîtrise des dépenses.
- Il appelle le gouvernement à adopter une budgétisation pluriannuelle et à mettre en place une règle nationale pour encadrer la croissance des dépenses.
Le Conseil consultatif budgétaire tire la sonnette d’alarme face à une situation financière qu’il juge de plus en plus précaire. Malgré une augmentation des recettes fiscales provenant des multinationales américaines, la proportion de ces recettes exceptionnelles mise de côté par le gouvernement diminue, selon l’IFAC. L’organisme estime que le gouvernement « budgétise comme s’il n’y avait pas de lendemain ».
Seamus Coffey, président du conseil, a souligné que le gouvernement prévoit de dégager un excédent moindre l’année prochaine. L’IFAC anticipe une augmentation des dépenses de plus de 11 % en 2025, un rythme jugé « beaucoup plus rapide » que ce qui est durable à long terme. Cette hausse des dépenses est plus rapide que la croissance des recettes fiscales, ce qui creuse le déficit.
L’IFAC est particulièrement critique envers le bilan du gouvernement en matière de respect des limites de dépenses annoncées lors des budgets précédents. Les prévisions de dépenses ont été régulièrement revues à la hausse. Les dépenses prévues pour 2025 dépasseront de 12,5 milliards d’euros les 96,6 milliards d’euros initialement prévus dans le budget 2024. Les objectifs de croissance des dépenses, fixés à 5,1 % pour 2025 et 6,5 % pour 2026, ne seront vraisemblablement pas atteints, avec des prévisions actuelles de 8,6 % et 7,7 % respectivement.
Le rapport met également en garde contre la dépendance aux impôts payés par un petit nombre de grandes multinationales américaines, considérés comme une source de revenus peu fiable. Ces recettes sont actuellement utilisées pour financer les dépenses courantes, ce qui rend le budget vulnérable aux fluctuations économiques et aux décisions fiscales des entreprises.
L’IFAC souligne enfin l’importance de se préparer aux défis budgétaires à venir, notamment le vieillissement de la population et la lutte contre le changement climatique. Ces enjeux représenteront à terme 6 % du revenu national d’ici 2050, soit l’équivalent de 20 milliards d’euros actuels. Selon l’organisme, « le moment est venu de se préparer à ces défis, alors que l’économie est forte ».
Le Conseil budgétaire appelle la coalition gouvernementale à introduire une règle nationale pour guider la croissance des dépenses et à soumettre à la Commission européenne un plan budgétaire à moyen terme mis à jour, comme promis initialement pour l’été.