La NASA a revu à la baisse ses ambitions pour le vaisseau spatial Starliner de Boeing, réduisant le nombre de missions avec équipage et transformant le prochain vol vers la Station spatiale internationale (ISS) en une mission de fret. Cette décision intervient alors que le programme, initialement prévu pour concurrencer SpaceX, accumule les retards et les dépassements de coûts.
L’agence spatiale américaine a annoncé lundi qu’elle réduisait le contrat initial de 4,5 milliards de dollars (environ 4,1 milliards d’euros) avec Boeing de 768 millions de dollars (environ 708 millions d’euros), portant le montant total à 3,732 milliards de dollars (environ 3,44 milliards d’euros). Plus de 2,2 milliards de dollars (environ 2 milliards d’euros) ont déjà été dépensés par la NASA.
Initialement, l’accord prévoyait six vols opérationnels pour transporter des astronautes vers et depuis l’ISS une fois le Starliner certifié. La NASA a désormais limité le programme à trois vols avec équipage et un vol sans équipage, programmé pour avril 2026. Deux vols supplémentaires restent optionnels.
Cette modification de contrat permet à la NASA et à Boeing de se concentrer sur la certification du système en toute sécurité d’ici 2026 et d’exécuter le premier vol avec équipage lorsque le vaisseau sera prêt, a expliqué Steve Stich, responsable du programme d’équipage commercial de la NASA, dans un communiqué. L’objectif est également d’aligner la planification des futures missions sur les besoins opérationnels de la station jusqu’en 2030.
Boeing a investi plus de 2 milliards de dollars (environ 1,85 milliards d’euros) dans le programme depuis 2016 et affirme rester engagé. La NASA souhaite disposer de deux options américaines pour les vols vers l’ISS afin de ne pas dépendre uniquement de la Russie ou de SpaceX, dont le vaisseau Dragon a débuté ses missions avec équipage en 2020.
Le Starliner a été confronté à de nombreux revers techniques, suscitant des critiques sur le contrôle qualité de Boeing. Le dernier incident majeur s’est produit lors du premier vol d’essai en équipage l’année dernière, où des problèmes avec le système de propulsion ont bloqué les astronautes Butch Wilmore et Suni Williams dans l’espace pendant neuf mois. Ils ont finalement été secourus grâce à un vaisseau SpaceX.
D’autres problèmes ont été signalés, notamment des fuites d’hélium lors d’un vol d’essai en 2024 et des retards de lancement. Un rapport de l’inspecteur général de la NASA a mis en évidence des défaillances dans les contrôles qualité de Boeing dans son usine de Michoud, qui ne respectaient pas les normes internationales.
« La sécurité reste notre priorité absolue alors que nous nous concentrons sur la mission Starliner-1, qui intègre nos conclusions et enseignements tirés des précédents essais en vol et des tests de cet automne », a déclaré une porte-parole de Boeing.
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