Home Technologie et scienceL’Australopithecus deyiremeda, ancêtre de l’espèce humaine découvert en Éthiopie, était bipède et grimpait également aux arbres – Actualités

L’Australopithecus deyiremeda, ancêtre de l’espèce humaine découvert en Éthiopie, était bipède et grimpait également aux arbres – Actualités

by Thomas Caron

Publié le 27 novembre 2025 08h38:00. De nouvelles analyses dentaires et osseuses révèlent des détails sur le régime alimentaire et le développement des premiers australopithèques, offrant un aperçu précieux de la vie de nos ancêtres lointains et de leur adaptation à un environnement en mutation.

L’étude du régime alimentaire de Ardipithecus ramidus, un homininé primitif ayant vécu il y a plus de 4,4 millions d’années, révèle une alimentation principalement basée sur les ressources offertes par les arbres et les arbustes. Cependant, une analyse isotopique de huit dents découvertes sur le site de Burtele, en Éthiopie, montre que Australopithecus anamensis, une espèce plus récente, a élargi son menu en intégrant des herbes tropicales et des agrumes.

« Il est surprenant de constater que le signal isotopique du carbone est si clair et similaire à celui des homininés les plus anciens, comme Ardipithecus ramidus et Australopithecus anamensis », explique la professeure Naomi Levin de l’Université du Michigan (États-Unis).

« Je pensais que les distinctions entre le régime alimentaire de Ardipithecus ramidus et Australopithecus anamensis seraient plus difficiles à identifier, mais les données isotopiques confirment que Ardipithecus ramidus n’avait pas accès à la même gamme de ressources que Australopithecus anamensis, qui est le plus ancien homininé à utiliser des ressources alimentaires à base de plantes. »

Naomi Levin, professeure à l’Université du Michigan

L’équipe de recherche a également étudié la mâchoire d’un jeune spécimen de Ardipithecus ramidus, retrouvée sur le même site. Cette mâchoire présentait une dentition de lait complète, ainsi que des dents d’adulte en développement. Grâce à une technologie de numérisation microCT de pointe, les chercheurs ont estimé l’âge de l’individu à environ 4,5 ans au moment de sa mort.

« Chez ce jeune homininé, nous avons observé une déconnexion de la croissance entre les incisives et les molaires, un phénomène très similaire à ce que l’on observe chez les singes vivants et d’autres australopithèques précoces, comme l’espèce de Lucy », précise Gary Schwartz de l’Institut des origines humaines (IHO) et de l’École de l’évolution humaine et du changement social.

Une observation particulièrement notable est la similarité des schémas de croissance entre ces premiers australopithèques, malgré leur diversité en termes de taille, de régime alimentaire, de locomotion et d’anatomie. Cette uniformité suggère des contraintes développementales communes.

Comprendre le mode de vie de ces ancêtres lointains permet aux scientifiques d’éclairer les dynamiques de coexistence entre différentes espèces et d’éviter les extinctions. « Nos recherches sur les écosystèmes d’il y a des millions d’années ne sont pas seulement motivées par la curiosité ou par le désir de connaître nos origines », souligne Haile-Selassie.

« Il s’agit d’un effort pour mieux comprendre notre présent et anticiper notre avenir. Si nous ne comprenons pas notre passé, nous ne pouvons pas pleinement appréhender le présent ou l’avenir. Nous observons aujourd’hui des phénomènes qui se sont déjà produits à l’époque de Lucy et d’Ardipithecus ramidus. Les leçons tirées de cette époque pourraient nous aider à atténuer les conséquences les plus graves du changement climatique actuel. »

Haile-Selassie

Les résultats de cette étude, publiés dans la revue Nature en novembre 2025, ouvrent de nouvelles perspectives sur l’évolution humaine et l’adaptation de nos ancêtres à un environnement en constante évolution. (DOI: 10.1038/s41586-025-09714-4)

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