Home MondeTrump a demandé au Premier ministre japonais de ne pas aggraver la crise avec la Chine, selon des sources

Trump a demandé au Premier ministre japonais de ne pas aggraver la crise avec la Chine, selon des sources

by Clara Dubois

Publié le 27 novembre 2025 à 09h42. L’administration américaine a discrètement exhorté le Japon à modérer son discours sur Taïwan, craignant une escalade des tensions avec Pékin alors que Washington cherche à préserver une trêve commerciale fragile avec la Chine.

  • Le président Trump a appelé le Premier ministre japonais Sanae Takaichi pour lui demander de ne pas aggraver les tensions avec la Chine.
  • La déclaration de Takaichi sur une possible intervention militaire japonaise en cas d’attaque chinoise contre Taïwan a provoqué une vive réaction de Pékin.
  • Tokyo maintient sa position, tandis que la Chine intensifie sa rhétorique et met en garde contre toute ingérence dans la question de Taïwan.

La conversation téléphonique entre Donald Trump et Sanae Takaichi, survenue le 25 novembre, intervient après que le Premier ministre japonais a ouvertement évoqué la possibilité d’une réponse militaire de son pays si Taïwan était attaquée et que cette attaque menaçait le Japon. Cette déclaration, faite devant le Parlement japonais, a déclenché la plus grave crise diplomatique entre Tokyo et Pékin depuis des années.

La Chine a immédiatement réagi en mettant en garde ses citoyens contre les voyages au Japon, signe de la tension croissante. Des directives officielles ont été émises pour dissuader les citoyens chinois de se rendre dans l’archipel. Pékin a également demandé une rétractation formelle de la part de Tokyo, une demande rejetée par le gouvernement japonais qui affirme que les propos de Takaichi reflètent une politique de longue date.

Selon deux sources gouvernementales japonaises, qui ont requis l’anonymat en raison de la sensibilité du sujet, Trump a exprimé à Takaichi son inquiétude face à une possible escalade. Cependant, l’administration américaine n’a pas formulé de demandes spécifiques, suggérant un désaccord tacite avec la position japonaise.

Le silence public de Trump sur le différend croissant entre le Japon et la Chine inquiète Tokyo. Un envoyé américain a affirmé que les États-Unis soutenaient le Japon face à la “coercition” chinoise, mais certains législateurs japonais souhaitent un soutien plus ferme de la part de leur allié de sécurité. Le Japon abrite la plus importante concentration de forces militaires américaines à l’étranger, incluant un groupe d’attaque de porte-avions et une force amphibie de marines, ce qui contribue à limiter les ambitions militaires de la Chine.

La Chine a intensifié sa rhétorique, exhortant les États-Unis à “contenir” le Japon pour éviter “des actions visant à raviver le militarisme”, selon un éditorial publié par le Quotidien du Peuple, organe de presse du Parti communiste chinois. Le journal a souligné le rôle du Japon en tant qu’ennemi pendant la Seconde Guerre mondiale. Le ministère chinois de la Défense a également averti que le Japon paierait un « prix douloureux » s’il dépassait les limites en ce qui concerne Taïwan, en réponse aux plans de Tokyo d’installer des missiles de défense aérienne sur l’île de Yonaguni, située à seulement 110 kilomètres des côtes taïwanaises.

Lors d’une conférence de presse régulière le 27 novembre, le secrétaire en chef du Cabinet japonais, Minoru Kihara, a refusé de commenter les détails des échanges diplomatiques avec Washington. Le bureau du Premier ministre a renvoyé Reuters à son communiqué officiel, qui mentionne une discussion sur les relations sino-américaines sans fournir de détails supplémentaires. Ce communiqué dément également un article du Wall Street Journal affirmant que Trump avait conseillé à Takaichi de ne pas provoquer Pékin sur la question de Taïwan.

La déclaration de Takaichi sur Taïwan rompt avec l’ambiguïté stratégique traditionnellement adoptée par le Japon, qui évitait de discuter publiquement de scénarios pouvant justifier une action militaire. Des responsables japonais craignent qu’il soit désormais difficile de revenir sur ces propos, ce qui pourrait compliquer le désamorçage du conflit et nuire aux relations sino-japonaises.

Cette situation se déroule alors que Trump s’apprête à se rendre en Chine en avril, selon son porte-parole. Il n’a pas précisé si les négociations commerciales en cours incluaient la question de Taïwan, se contentant d’affirmer que les deux plus grandes économies mondiales entretenaient des liens « extrêmement forts » et étaient sur le point de conclure un vaste accord commercial.

« Les relations entre les États-Unis et la Chine sont très bonnes, et cela est également très bon pour le Japon, qui est notre cher et proche allié. Nous avons conclu de merveilleux accords commerciaux avec le Japon, la Chine, la Corée du Sud et de nombreux autres pays, et le monde est en paix. Continuons ainsi ! »

Donald Trump, Président des États-Unis

Selon Kazuhiro Maejima, professeur de politique américaine à l’université de Sophia, « Pour Trump, ce qui compte le plus, ce sont les relations entre les États-Unis et la Chine. Le Japon a toujours été traité comme un outil ou un atout pour gérer cette relation. »

La Chine a rappelé que le retour de Taïwan sous son contrôle était essentiel à sa vision de l’ordre mondial, selon l’agence de presse Xinhua. Taïwan, gouvernée démocratiquement, rejette fermement cette revendication de souveraineté.

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