Publié le 28 novembre 2025 à 19h00. L’AFLW est à la croisée des chemins : pour attirer un public plus large et maximiser son potentiel télévisuel, la ligue doit-elle privilégier les stades modernes et offrir une expérience de qualité aux spectateurs, ou continuer à miser sur les installations de banlieue souvent rudimentaires ?
- L’AFL est critiquée pour avoir privilégié la fréquentation aux audiences télévisées, ce qui a conduit à une stagnation des deux indicateurs.
- Les stades de banlieue, bien que populaires localement, manquent souvent d’infrastructures adéquates et sont exposés aux intempéries, ce qui nuit à l’expérience des spectateurs et à la qualité des retransmissions télévisées.
- Le succès de la NRLW, qui a opté pour des stades plus grands et des matchs à double programmation, met en évidence une approche alternative potentiellement plus efficace.
Les stades de banlieue, souvent qualifiés de « boutiques » par l’AFL, sont loin d’être idéaux. Bien qu’ils soient appréciés pour leur ambiance locale, ils souffrent souvent de vétusté et d’un manque d’infrastructures modernes. L’exposition aux éléments et les difficultés d’accès ne facilitent pas non plus l’expérience des supporters. Des enceintes comme Victoria Park, Moorabbin et Punt Road fonctionnent grâce à leur protection relative contre les intempéries et à leur accessibilité, mais elles ne représentent pas la norme.
L’AFL semble avoir tenté de stimuler la fréquentation au détriment des audiences télévisées, une stratégie qui n’a pas porté ses fruits. Les chiffres stagnent, et il est temps de repenser l’approche. Selon les experts, une retransmission sportive réussie repose sur quatre piliers : la visibilité d’une foule enthousiaste, la mise en avant de champions, la création de personnages marquants et l’organisation d’une compétition captivante. La récente demi-finale entre North Melbourne et Melbourne en a offert un bel exemple, avec des supporters passionnés, des performances de haut niveau et des moments de tension dramatique.
La NRLW, la ligue de rugby féminine, a adopté une stratégie différente, en programmant des matchs à double programmation et en utilisant des stades plus grands. Cette approche a porté ses fruits, avec un pic d’audience lors de la finale de cette année, qui s’est déroulée le même jour et au même endroit que la finale masculine au Parc olympique de Sydney. Plus d’un million de téléspectateurs ont suivi l’événement, et près de 50 000 personnes étaient présentes dans les tribunes. Les États du Nord semblent avoir une approche plus proactive en matière de développement de la compétition féminine, et Peter V’landys, le patron de la ligue de rugby, a démontré son engagement en matière d’investissement.
Le stade Marvel, qui n’a accueilli qu’un seul match féminin ces trois dernières années (Hawthorn contre Essendon en 2022, avec 12 000 spectateurs), pourrait jouer un rôle clé dans l’avenir de l’AFLW. Lors de ce match, les caméras de télévision avaient été orientées vers le bas pour masquer les gradins supérieurs vides, ce qui avait permis de créer une ambiance plus chaleureuse et de mettre en valeur la qualité du jeu. Il est temps de donner à l’AFLW les mêmes opportunités que la ligue masculine en matière de stades et de retransmissions télévisées.
La grande finale de ce soir devrait se jouer au stade Marvel. Il ne s’agit pas seulement de remplir les 50 000 sièges (bien que davantage de supporters seraient les bienvenus), mais aussi de garantir une qualité de diffusion optimale. Les supporters préfèrent-ils regarder un match de qualité sur leur canapé, ou assister à un événement potentiellement humide et inconfortable dans un stade de banlieue ?
Pour l’avenir, il serait judicieux de décaler la saison d’un mois, afin de la programmer pendant le long week-end de la Melbourne Cup. Cela permettrait d’éviter la concurrence avec la saison masculine et de profiter de l’engouement suscité par la course hippique. Imaginez un match Australie-Irlande vendredi soir au stade Marvel, suivi de la grande finale dimanche soir. Une telle programmation attirerait un public plus large et renforcerait l’attrait de la compétition.
Enfin, il est important de récompenser les équipes les plus performantes. Il serait inapproprié de laisser Collingwood ouvrir la saison l’année prochaine, compte tenu de ses performances décevantes en 2024 et 2025. Les Magpies, qui ont terminé 15e cette année avec seulement trois victoires, ne méritent pas d’être mises en avant. Il serait plus juste de donner aux premiers ministres en titre le droit de disputer un match d’ouverture prestigieux, ou d’organiser un double match mettant en vedette quatre équipes du top huit.
Des idées ? De l’innovation ? L’AFL doit se montrer à la hauteur des enjeux pour l’avenir de l’AFLW. Il y a quelques mois, la ligue a discrètement annoncé que la saison 11 serait identique à la saison précédente, avec le même calendrier, les mêmes stades et les mêmes horaires. Comme le dit le proverbe, la folie consiste à répéter les mêmes actions en espérant des résultats différents.
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