À quelques jours de l’élection présidentielle hondurienne, l’ancien président américain Donald Trump a créé la surprise en graciant Juan Orlando Hernández, condamné pour trafic de drogue, et en menaçant de suspendre l’aide américaine si son candidat favori ne l’emporte pas.
La grâce accordée à Hernández, reconnu coupable l’année dernière par un tribunal américain et condamné à 45 ans de prison, intervient alors que le Honduras se prépare à voter dimanche. L’ancien dirigeant, qui a dirigé le pays de 2014 à 2022, était accusé d’avoir facilité l’importation d’environ 400 tonnes de cocaïne aux États-Unis. Il avait été extradé vers les États-Unis peu après l’arrivée au pouvoir de l’actuelle présidente de gauche, Xiomara Castro.
Dans une publication sur les réseaux sociaux, Trump a affiché son soutien à Nasry Asfura, le candidat du parti de droite associé à Hernández. Il a conditionné l’aide future au Honduras à la victoire de ce dernier : « S’il ne gagne pas, les États-Unis ne dépenseront pas beaucoup d’argent, car un mauvais dirigeant ne peut qu’apporter des résultats catastrophiques à un pays, quel qu’il soit », a-t-il écrit sur sa plateforme Truth Social. Trump avait déjà utilisé un ton similaire lors de l’élection argentine le mois dernier.
Contacté par l’AFP, Asfura a nié tout lien direct avec Hernández, tout en se disant reconnaissant du soutien renouvelé de Trump. « Hernández était président de la République, le parti n’est pas responsable de ses actes personnels », a-t-il déclaré.
La course à la présidence hondurienne s’annonce serrée, opposant Asfura, un magnat de la construction de 67 ans et ancien maire de la capitale, à l’avocat de gauche Rixi Moncada et à l’animateur de télévision de droite Salvador Nasralla. Trump a accusé Nasralla, 72 ans, de jouer un rôle de « cheval de Troie » pour diviser le vote en faveur d’Asfura, rappelant qu’il avait été vice-président de Castro avant de démissionner. Il a affirmé que Nasralla « fait désormais semblant d’être un anticommuniste dans le seul but de diviser le vote d’Asfura ». Trump a également qualifié Moncada de « communiste », prédisant que sa victoire profiterait au président vénézuélien Nicolás Maduro « et à ses narcoterroristes ».
La grâce accordée à Hernández intervient alors que les États-Unis mènent une vaste opération en Amérique latine contre le trafic de drogue, au cours de laquelle plus de 80 personnes ont été tuées lors d’opérations en eaux internationales. Un jury de New York avait reconnu Hernández coupable en mars 2024 d’avoir facilité le trafic de centaines de tonnes de cocaïne – principalement en provenance de Colombie et du Venezuela – vers les États-Unis depuis 2004. Le procureur général de l’administration Biden, Merrick Garland, avait déclaré après la condamnation que Hernández avait « abusé de son pouvoir pour soutenir l’un des complots de trafic de drogue les plus importants et les plus violents au monde ». Trump a affirmé vendredi que Hernández avait été « traité très durement et injustement », selon « de nombreuses personnes que je respecte énormément », sans donner de détails supplémentaires.
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