La campagne de vaccination antigrippale se poursuit dans le Lot, un département où la couverture vaccinale reste préoccupante alors que l’épidémie approche. Les autorités sanitaires insistent sur l’importance de se protéger, notamment pour préserver la capacité du système de santé local.
À ce stade, aucun signe clair de l’épidémie de grippe n’est détecté dans le Lot. « L’an dernier, les syndromes grippaux ont vraiment commencé à décoller autour des semaines 49-50, fin décembre. Nous y arrivons, mais on n’y est pas encore », explique Quentin Delacour, directeur de l’agence régionale de santé (ARS) dans le Lot.
Cependant, l’expérience de la saison précédente en Occitanie est un rappel : 12 semaines d’épidémie, près de 10 000 passages aux urgences et 212 cas graves, dont 32 décès. Il est donc crucial de ne pas attendre pour se faire vacciner, car le pic de l’épidémie survient généralement autour de janvier.
Depuis le lancement de la campagne de vaccination mi-octobre, 14 914 habitants du Lot ont reçu le vaccin contre la grippe, ce qui représente un taux de couverture de 26,9 % de la population éligible. Les chiffres de la saison passée montrent que le département est en dessous des objectifs : 49,5 % des personnes de plus de 65 ans étaient vaccinées, ainsi que 23,3 % des personnes à risque de moins de 65 ans, soit un total de 45 % des personnes ciblées.
« C’est moins d’une personne sur deux : ce n’est pas suffisant », souligne Quentin Delacour. L’Occitanie affichait l’an dernier un taux de couverture de 46,3 % chez les publics à risque. L’ARS note également une culture vaccinale moins développée dans le Lot, une tendance observée également avec la vaccination contre le Covid-19.
La tendance à la baisse de la vaccination est également visible au sein des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), avec 82,6 % de résidents vaccinés en Occitanie l’an dernier (contre 83,6 % la saison précédente). La situation est plus préoccupante chez les professionnels des EHPAD, où seuls 18,8 % étaient vaccinés dans la région.
L’ARS rappelle que le système de santé lotois a « tenu le choc » l’hiver dernier, contrairement à d’autres départements plus touchés. « Notre système tient, mais il faut le préserver. » Elle appelle donc à un double effort : la vaccination et le retour aux gestes barrières, tels que le lavage des mains, le port du masque en cas de symptômes et le télétravail.
« La grippe n’est pas anodine. Pour les personnes fragiles, elle peut entraîner des complications graves, des hospitalisations, voire des décès. Se vacciner, c’est aussi un acte altruiste », rappelle Quentin Delacour. La campagne de vaccination est ouverte jusqu’au 31 janvier 2026, et il n’est « jamais trop tard pour se faire vacciner », conclut-il.