Publié le 29 novembre 2023 19:33:00. Des chercheurs japonais ont identifié un acide aminé, l’arginine, capable de réduire les dépôts de protéines toxiques dans le cerveau, ouvrant une voie potentielle vers de nouveaux traitements contre la maladie d’Alzheimer, une pathologie neurodégénérative incurable à ce jour.
- L’arginine, couramment utilisée en complément alimentaire ou en médicament pour les maladies cardiovasculaires, a démontré sa capacité à éliminer les plaques bêta-amyloïdes dans le cerveau lors d’expérimentations sur des animaux.
- Des tests sur des souris ont révélé une diminution significative des dépôts protéiques, une amélioration des comportements et une réduction de l’activité des gènes liés à l’inflammation nerveuse après l’ajout d’arginine à leur eau de boisson.
- Cette découverte prometteuse pourrait conduire à des essais cliniques pour évaluer l’efficacité de l’arginine chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer.
La maladie d’Alzheimer se caractérise par l’accumulation de plaques amyloïdes dans le cerveau, endommageant les neurones et contribuant à la progression de la maladie. Une équipe de l’Université Kindai et de l’Institut national des neurosciences du Japon s’est penchée sur la possibilité de dissoudre ces plaques grâce à l’arginine. Leur étude, publiée dans la revue Neurochemistry International, a révélé que l’arginine peut inhiber l’agrégation des protéines bêta-amyloïdes, tant in vitro que in vivo.
« Notre étude montre que l’arginine peut supprimer l’agrégation bêta-amyloïde à la fois in vitro et in vivo », a expliqué le neuroscientifique Yoshitaka Nagai. Les chercheurs ont observé que l’ajout d’arginine à l’eau de boisson de souris présentant des plaques similaires à celles observées dans la maladie d’Alzheimer entraînait une réduction significative de ces dépôts. Les animaux ont également montré une amélioration de leurs fonctions cognitives et un ralentissement de l’inflammation dans le cerveau.
L’arginine agit comme une « chaperone chimique », une protéine capable d’empêcher le mauvais repliement et l’accumulation d’autres protéines. Un avantage majeur de cette découverte réside dans le fait que l’arginine est déjà considérée comme sûre et abordable, ce qui en fait un candidat prometteur pour un repositionnement thérapeutique. De plus, elle est capable de franchir la barrière hémato-encéphalique, un obstacle majeur pour de nombreux traitements ciblant le cerveau.
Bien que ces résultats soient encourageants, les scientifiques insistent sur la nécessité de mener des études cliniques pour confirmer l’efficacité et la sécurité de l’arginine chez l’homme. Les doses utilisées dans les expériences animales étaient relativement élevées, et il reste à déterminer quelle quantité serait optimale pour les patients. Il est également important de noter que les succès observés chez les souris et les mouches des fruits ne garantissent pas les mêmes effets chez l’être humain.
« Nos résultats ouvrent de nouvelles perspectives pour le développement de stratégies basées sur l’arginine afin de traiter les maladies neurodégénératives causées par un mauvais repliement et une agrégation des protéines », a conclu Nagai. Des essais cliniques sont désormais envisagés pour évaluer le potentiel thérapeutique de cet acide aminé chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer.