Publié le 28 novembre 2025 14:55:00. Des chercheurs catalans et chinois ont mis au point une stratégie innovante, basée sur la nanotechnologie, qui pourrait inverser les symptômes de la maladie d’Alzheimer chez la souris. Ces avancées, combinées à d’autres recherches prometteuses, ouvrent de nouvelles perspectives dans la lutte contre cette maladie neurodégénérative.
- Une équipe internationale a développé une approche utilisant des nanoparticules pour restaurer la fonction de la barrière hémato-encéphalique et éliminer les protéines amyloïdes.
- Des tests sur des souris ont montré une réduction significative de la protéine bêta amyloïde (Aβ) dans le cerveau après l’administration du traitement.
- Une autre équipe de recherche a identifié une molécule prometteuse, le L10, capable de protéger l’ADN et les lipides contre le stress oxydatif, un facteur clé dans la formation des plaques amyloïdes.
L’Institut de Bioingénierie de Catalogne (IBEC), en collaboration avec l’Hôpital de Chine occidentale de l’Université du Sichuan (WCHSU), a annoncé une percée potentielle dans la lutte contre la maladie d’Alzheimer. Les chercheurs ont conçu une stratégie ciblant la barrière hémato-encéphalique (BHE), une interface essentielle qui régule l’environnement du cerveau. Cette approche novatrice utilise des médicaments supramoléculaires, des particules bioactives, pour agir directement sur la BHE plutôt que sur les neurones.
Les tests menés sur des souris ont révélé des résultats encourageants. L’administration de ces nanoparticules a permis d’inverser les symptômes de la maladie chez les animaux, démontrant un progrès significatif dans la recherche d’un traitement efficace. L’étude a également bénéficié de la contribution de chercheurs britanniques, spécialisés dans l’application de la nanotechnologie à la maladie d’Alzheimer.
Le cerveau consomme une part importante de l’énergie du corps – jusqu’à 20 % chez l’adulte et 60 % chez l’enfant – grâce à un réseau dense de capillaires. Lorsque la barrière hémato-encéphalique est compromise, le système de nettoyage du cerveau cesse de fonctionner correctement, favorisant l’accumulation de la protéine bêta amyloïde (Aβ), une caractéristique majeure de la maladie d’Alzheimer. Les nanoparticules développées par l’équipe de l’IBEC et du WCHSU permettent de faciliter l’élimination de ces déchets protéiques via la circulation sanguine.
Selon Junyang Chen, premier co-auteur de l’étude, une réduction de 50 à 60 % de la quantité d’Aβ dans le cerveau a été observée seulement une heure après l’injection aux souris. Au-delà de l’élimination des protéines toxiques, les chercheurs ont constaté des effets thérapeutiques à long terme.
« Les nanoparticules utilisées agissent comme un médicament et semblent activer un mécanisme de rétroaction qui normalise la voie d’élimination. »
Giuseppe Battaglia, directeur de l’étude
Parallèlement, une équipe de l’Université fédérale ABC a également obtenu des résultats prometteurs. Leurs recherches ont montré que l’élimination de l’excès de cuivre présent dans les plaques bêta-amyloïdes pouvait inverser les symptômes de la maladie d’Alzheimer chez la souris. Les chercheurs ont conçu plusieurs molécules capables de chélater le cuivre et de déstabiliser la structure des plaques. Trois de ces composés se sont avérés particulièrement prometteurs lors de simulations informatiques visant à analyser leur comportement neuronal.
La molécule L10 s’est distinguée par sa faible toxicité et sa capacité à protéger l’ADN et les lipides contre le stress oxydatif, un processus étroitement lié à la formation des plaques amyloïdes.
« La molécule développée est extrêmement sûre, simple et efficace. »
Giselle Cerchiaro, responsable de l’étude
Les tests ont confirmé que la substance n’entraînait aucun effet toxique sur les cultures neuronales ni chez les animaux, ce qui en fait un candidat intéressant pour le développement de nouvelles thérapies, potentiellement plus accessibles que les traitements actuels basés sur les anticorps monoclonaux.
Ces avancées représentent un espoir considérable pour les millions de personnes touchées par la maladie d’Alzheimer dans le monde. Si leur efficacité est confirmée chez l’homme, elles pourraient conduire à des traitements capables d’atténuer, voire de guérir complètement, cette maladie dévastatrice. Une autre innovation prometteuse, présentée dans cet article, illustre l’engagement continu de la communauté scientifique dans la recherche de solutions pour les défis majeurs de notre époque.
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