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Valentina Stamati, médecin : « Les personnes souffrant de fatigue surrénalienne ont besoin de café pour démarrer le matin et leur énergie est au plus bas »

Publié le 30 novembre 2025 à 12h06. Souvent pointée du doigt comme l'hormone du stress, le cortisol est en réalité bien plus complexe. Une spécialiste décrypte les mythes, les causes de son déséquilibre et les moyens de retrouver…

Valentina Stamati, médecin : « Les personnes souffrant de fatigue surrénalienne ont besoin de café pour démarrer le matin et leur énergie est au plus bas »

Publié le 30 novembre 2025 à 12h06. Souvent pointée du doigt comme l’hormone du stress, le cortisol est en réalité bien plus complexe. Une spécialiste décrypte les mythes, les causes de son déséquilibre et les moyens de retrouver un équilibre vital.

  • Le cortisol est essentiel à la survie et ne doit pas être éliminé, mais régulé.
  • Le stress ne se limite pas au travail : notifications, pollution, exigences personnelles contribuent à augmenter les niveaux de cortisol.
  • Une alimentation anti-inflammatoire et des techniques de relaxation sont essentielles pour gérer le stress et maintenir un équilibre hormonal.

Dans une société où le rythme s’accélère, le cortisol est souvent perçu comme un ennemi. Pourtant, cette hormone microscopique joue un rôle crucial dans notre quotidien, influençant notre énergie, notre niveau de stress et notre capacité à nous reposer. La Dre Valentina Stamati, spécialiste en médecine intégrative, anti-âge et psychoneuroimmunoendocrinologie (PNIE), explique que diaboliser le cortisol est une erreur. « On a tendance à toujours le voir comme le méchant, le vilain de l’équation biochimique, et ce n’est pas le cas. Évidemment, lorsqu’il est déséquilibré, il peut générer de nombreux effets secondaires, mais en réalité, le cortisol a aussi des avantages et est nécessaire à la survie », souligne-t-elle.

La médecin observe en consultation une augmentation des maladies et des symptômes liés au stress. « Parfois, nous n’y accordons pas l’importance nécessaire et, d’autres fois, c’est le contraire qui se produit : il semble que tout soit la faute du stress. Et ce n’est ni l’un ni l’autre », précise-t-elle. Pour la Dre Stamati, la gestion des émotions et du stress doit être considérée comme un pilier fondamental des soins de santé.

« Nous avons tendance à penser que le cortisol est « très mauvais », mais l’avoir à zéro est également dangereux. Sans cortisol, il n’y a pas de survie. C’est une hormone que le corps libère pour se protéger et agir dans les moments de combat ou de fuite. L’important n’est donc pas de l’éliminer, mais d’apprendre à le réguler. »

Valentina Stamati, médecin

Selon la Dre Stamati, l’un des mythes les plus courants est de croire que le cortisol est intrinsèquement mauvais. « Sans cortisol, il n’y a pas de survie », insiste-t-elle. L’hormone est libérée par le corps en situation de stress pour permettre une réaction rapide. L’enjeu est donc d’apprendre à la réguler, en permettant au corps de la libérer quand nécessaire, tout en étant capable de la moduler et de la gérer efficacement. Un déséquilibre prolongé peut être nocif.

Quelles sont les situations quotidiennes qui contribuent à augmenter les niveaux de cortisol ? La réponse peut surprendre. « Quand je demande aux patients s’ils sont stressés, ils me répondent souvent : « Non, ma vie est calme et mon travail n’est pas stressant. » Nous associons généralement le stress uniquement au travail, mais nous vivons dans une société en évolution rapide, où nous voulons tout et maintenant », explique la Dre Stamati. Le cortisol réagit à bien plus que le travail : notifications incessantes, pollution, toxines environnementales, exigences personnelles… « Nous ne tolérons pas la frustration, nous ne savons pas attendre et nous recherchons de la dopamine immédiate. Un exercice physique excessif ou un régime trop strict augmentent également le cortisol. Parfois, nous pensons que le jeûne est toujours la meilleure option – et, même si j’en suis partisan –, chez une personne ayant un cortisol déséquilibré, ce n’est pas l’outil le plus approprié, car il ajoute un autre facteur de stress au corps. »

Les signes d’un stress excessif sont multiples : fatigue, irritabilité, nervosité, envies de sucre ou de sel, difficultés de concentration, maux de tête, perte de motivation, voire tristesse ou symptômes dépressifs. Des problèmes digestifs (ballonnements, digestion lente), de l’acné et des déséquilibres hormonaux peuvent également apparaître. « Bref, le stress peut affecter l’intestin, le cerveau, la peau et l’équilibre hormonal », résume la Dre Stamati.

« Le cortisol réagit à bien plus que le travail : notifications constantes, pollution, toxines environnementales, exigence personnelle… »

Valentina Stamati, médecin fonctionnel expert en PNIE

Il est important de distinguer le stress aigu du stress chronique. Le stress aigu est une réaction ponctuelle qui peut même être bénéfique, procurant un regain d’énergie. Le stress chronique, en revanche, survient lorsque les niveaux de cortisol restent élevés pendant des jours, des mois, voire des années. Cela peut conduire à une fatigue surrénalienne – un épuisement des glandes surrénales – et avoir des conséquences graves sur la santé.

Fourrure

Au niveau de la peau, le cortisol est une hormone totalement destructrice. Il se lie au collagène et peut le décomposer

Getty Images

La fatigue surrénalienne, un concept issu de la médecine fonctionnelle, se manifeste par un manque d’énergie, une difficulté à se réveiller le matin et une sensation d’épuisement constant. Contrairement au stress initial, qui se traduit par de l’irritabilité, la fatigue surrénalienne s’accompagne de tristesse, d’apathie et de troubles digestifs. C’est souvent à ce stade que les personnes reconnaissent les symptômes du burn-out.

Les effets à long terme d’un excès de cortisol sur la santé physique et mentale sont nombreux : problèmes de mémoire, altérations cognitives, perte de masse musculaire, accumulation de graisse viscérale, troubles du sommeil, perte de cheveux… Au niveau de la peau, le cortisol est particulièrement destructeur, car il se lie au collagène et accélère le vieillissement cutané.

« Il faut éviter les aliments qui provoquent du stress pour l’organisme, comme le gluten, les produits laitiers de vache et, surtout, les sucres transformés et raffinés. »

Valentina Stamati, médecin fonctionnel expert en PNIE

Pour réguler le cortisol, une alimentation anti-inflammatoire est essentielle. Il est conseillé d’éviter le gluten, les produits laitiers de vache et, surtout, les sucres transformés et raffinés. Augmenter la consommation d’oméga-3 et améliorer l’équilibre entre oméga-3 et oméga-6 est également important. La Dre Stamati déconseille les jeûnes trop longs en période de stress, privilégiant un jeûne de 12 heures, en mangeant pendant la journée et en jeûnant la nuit.

« Jeûner pendant de très longues périodes de 18 à 24 heures dans un état de stress n’est pas approprié. »

Valentina Stamati, médecin fonctionnel expert en PNIE

Enfin, la Dre Stamati recommande d’adopter des techniques de relaxation avant de se coucher : éviter les écrans après 19h30, supprimer les notifications, lire un livre, utiliser une lumière tamisée, pratiquer la respiration ou la méditation. Il est également important d’identifier les sources de stress et d’intégrer de petits moments de récupération dans la journée : bouger, prendre l’air, se connecter à la nature. Chaque personne doit trouver les outils qui lui conviennent le mieux pour retrouver un équilibre.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.