Des négociations cruciales se profilent en Floride entre des représentants ukrainiens et des responsables américains, alors que Kiev subit des pressions croissantes sur le champ de bataille et sur la scène politique. L’objectif : affiner un projet d’accord visant à mettre fin à la guerre déclenchée par la Russie en 2022.
À retenir
- Une délégation ukrainienne s’apprête à rencontrer des représentants américains en Floride pour discuter d’un cadre de paix proposé par Washington.
- Les pourparlers interviennent dans un contexte de tensions internes en Ukraine, avec la démission d’un haut responsable accusé de corruption.
- La Russie continue ses attaques, notamment par drones, tandis que l’Ukraine est confrontée à des pénuries d’électricité.
Contexte
La rencontre en Floride, prévue ce dimanche, réunira des négociateurs ukrainiens avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio, l’envoyé spécial Steve Witkoff et Jared Kushner, le gendre de l’ancien président Donald Trump. Elle précédera des discussions américaines à Moscou avec Vladimir Poutine, prévues cette semaine. Ce cadre de paix, élaboré initialement par les États-Unis, a été critiqué par Kiev et certains pays européens pour être jugé trop favorable à la Russie. Il a depuis été remanié, mais son contenu précis reste largement confidentiel.
Le plan initial, conçu le mois dernier par Kirill Dmitriev, l’envoyé spécial de Poutine, et Witkoff, suggérait un retrait des forces ukrainiennes des villes du Donbass, une limitation de la taille de l’armée ukrainienne et l’abandon de toute perspective d’adhésion à l’OTAN. Washington envisageait également une reconnaissance de facto par les États-Unis de l’annexion russe de Donetsk, de la Crimée et de Louhansk. Ces propositions ont été fortement contestées par Kiev et ses alliés européens, qui insistent sur le fait que toute discussion territoriale doit partir de la ligne de front actuelle et qu’il ne peut y avoir de reconnaissance des gains territoriaux russes obtenus par la force.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré s’attendre à ce que les résultats des récentes réunions avec les États-Unis à Genève soient désormais « martelés ». Par ailleurs, le gouvernement ukrainien est secoué par des accusations de corruption. Andriy Yermak, le chef de cabinet de Zelensky, a été contraint de démissionner vendredi après une perquisition de son domicile dans le cadre d’une enquête sur un possible stratagème de pots-de-vin. Yermak était le principal négociateur dans les discussions avec les États-Unis.
Ce qui change
La délégation ukrainienne en Floride comprend Andrii Hnatov, chef des forces armées ukrainiennes, Andrii Sybiha, ministre des Affaires étrangères, et Rustem Umerov, chef du conseil de sécurité. L’Ukraine est soumise à une pression croissante de Washington pour qu’elle accepte les termes d’un accord, alors que la Russie progresse lentement sur le front et que les villes ukrainiennes sont confrontées à des coupures de courant quotidiennes en raison des bombardements incessants du réseau électrique.
L’Ukraine est également accusée d’être responsable d’attaques de drones navals contre deux pétroliers au large de la côte turque de la mer Noire, qui transportaient, selon une source de sécurité ukrainienne, du pétrole russe sanctionné. Au moins six personnes ont été tuées et des dizaines blessées à travers l’Ukraine ce week-end, notamment lors d’une attaque de drone dans la banlieue de Kiev samedi soir, qui a fait un mort et 11 blessés.
Prochaines étapes
Le président français Emmanuel Macron doit rencontrer Zelensky lundi à Paris. Jean-Noël Barrot, le ministre français des Affaires étrangères, a déclaré que « la paix est à notre portée si Vladimir Poutine abandonne son espoir illusoire de reconstituer l’empire soviétique en soumettant d’abord l’Ukraine ». Il a ajouté que Poutine doit accepter un cessez-le-feu ou s’exposer à de nouvelles sanctions qui épuiseront l’économie russe, ainsi qu’à un soutien européen accru à l’Ukraine.
Valérii Zaluzhnyi, l’ambassadeur d’Ukraine en Grande-Bretagne et ancien commandant en chef des forces armées ukrainiennes, a mis en garde dans le Telegraph contre une « paix précipitée » qui ne mènerait qu’à une défaite dévastatrice et à une perte d’indépendance. Il a souligné la nécessité de « garanties de sécurité efficaces » dans tout cadre de paix.
Chiffres clés
- Nombre de morts ce week-end en Ukraine : au moins 6
- Nombre de blessés ce week-end en Ukraine : des dizaines
- Nombre de blessés lors de l’attaque de drone près de Kiev : 11
Sources
- Agence France-Presse
- Reuters
- Associated Press