Publié le 1er décembre 2025. La Journée mondiale de lutte contre le sida est marquée par une alerte concernant une détérioration de la santé des enfants vivant avec le VIH, due à une baisse des financements internationaux et au retrait de soutien de grandes organisations.
- La diminution des financements internationaux menace les progrès réalisés dans la lutte contre le VIH/sida, en particulier pour les enfants.
- Le retrait des États-Unis de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et la dissolution de l’agence USAID aggravent la situation.
- L’Allemagne, bien qu’étant un donateur important, a réduit son financement au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.
Les conséquences de la réduction des financements internationaux pour la santé infantile sont de plus en plus préoccupantes, selon l’organisation missionnaire d’enfants « Die Sternsinger ». L’accès aux soins et aux mesures préventives, notamment pour les enfants, est compromis, mettant en péril des années d’efforts.
Le Dr Bärbel Breyhan, experte en santé auprès de « Die Sternsinger », souligne que le VIH et le sida ne représentent pas seulement une menace pour la santé des enfants, mais aussi pour leur droit à l’éducation et à une vie digne. Elle met en garde contre le risque accru de travail des enfants pour les orphelins du sida.
« La perte des financements internationaux destinés à la promotion de la santé touche particulièrement les enfants. Le VIH et le sida continuent de constituer une menace importante pour la santé des enfants du monde entier. »
Dr Bärbel Breyhan, experte en santé auprès de l’organisation missionnaire des enfants
Selon les estimations, près de 41 millions de personnes vivent avec le VIH dans le monde, dont environ 1,4 million d’enfants. Environ deux tiers des traitements antirétroviraux dépendent actuellement des États-Unis. La réduction du financement du Fonds mondial, combinée à la diminution de l’aide allemande (1 milliard d’euros entre 2026 et 2028, soit 300 millions d’euros de moins qu’auparavant), pourrait entraîner la mort d’environ quatre millions de personnes d’ici 2029 et contaminer près de sept millions de nouvelles personnes.
Les femmes et les enfants sont particulièrement vulnérables à ces coupes budgétaires. Le Dr Breyhan craint que les femmes enceintes n’aient plus accès aux médicaments nécessaires pour prévenir la transmission du VIH à leurs enfants.
« Die Sternsinger » soutient actuellement ses partenaires dans les pays du Sud avec un total de 900 000 euros pour lutter contre le VIH. Au Togo, par exemple, Caritas gère quatre centres de santé dans les diocèses de Dapaong, Kara, Aného et Sokodé, qui prennent en charge environ 700 enfants infectés par le VIH, orphelins ou marginalisés. Ces centres offrent des soins médicaux, un soutien psychologique et aident les familles d’accueil à générer des revenus pour assurer une stabilité et permettre aux enfants de fréquenter l’école.
Les partenaires de « Die Sternsinger » au Togo constatent déjà les effets néfastes de la dissolution de l’USAID et de la réduction de l’aide internationale. Ils signalent des décès de personnes séropositives en raison de l’interruption des traitements et du manque de soutien.
« L’impact est dramatique : dans certaines régions, des décès ont été signalés parmi des personnes séropositives, victimes d’interruptions de traitement et d’un manque de soutien en raison de l’arrêt soudain des activités et de la rareté des ressources qui en résulte. Les coupes mettent en péril des années d’efforts, menacent la continuité des soins et mettent en danger la confiance de la population dans les systèmes de santé. »
Partenaire de Sternsinger au Togo
« La santé ne connaît pas de frontières et l’engagement pour la vie doit aller au-delà des calculs politiques », insistent les acteurs de terrain.
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