Publié le 1er décembre 2025 à 06h00. Alors que le monde commémore la Journée mondiale de lutte contre le sida, les avancées scientifiques considérables dans la prévention et le traitement du VIH sont menacées par des coupes budgétaires internationales qui pourraient compromettre des décennies de progrès.
- Depuis le début de l’épidémie, plus de 44,1 millions de personnes sont décédées dans le monde des suites de maladies liées au VIH.
- La thérapie antirétrovirale hautement active (HAART), développée en 1996, a transformé le VIH d’une condamnation à mort en une maladie chronique gérable.
- Les réductions récentes du financement international, notamment de la part des États-Unis et de l’Europe, suscitent des inquiétudes quant à une résurgence de l’épidémie dans les régions les plus touchées.
Chaque année, le 1er décembre, la communauté internationale se mobilise pour la Journée mondiale de lutte contre le sida, une occasion de se souvenir des victimes du VIH/sida et de réaffirmer l’engagement à éradiquer cette épidémie. Depuis 1988, cette journée est un moment de sensibilisation, de commémoration et d’action.
Le bilan de l’épidémie est lourd : environ 44,1 millions de personnes sont décédées dans le monde de causes liées au VIH, le virus qui provoque le sida. À ce jour, plus de 91,4 millions de personnes vivent avec le VIH. Malgré ces chiffres alarmants, des progrès significatifs ont été réalisés grâce à la recherche et à l’innovation.
En 1996, l’arrivée de la thérapie antirétrovirale hautement active (HAART), une combinaison de trois médicaments, a marqué un tournant décisif. La HAART permet de restaurer le système immunitaire en supprimant le virus, retardant ainsi la progression vers le sida. Cette avancée a transformé le pronostic pour les personnes séropositives, passant d’une condamnation à mort à une maladie chronique contrôlable, à condition d’avoir accès aux traitements.
L’engagement financier des États-Unis, à travers le Plan d’urgence du président pour la lutte contre le sida (PEPFAR), lancé en 2003, a joué un rôle crucial dans la lutte contre le VIH/sida. Initialement doté de 15 milliards de dollars (environ 13 milliards d’euros) sur cinq ans, le PEPFAR est aujourd’hui reconnu comme le plus grand programme de santé mondiale dédié à une seule maladie, ayant permis d’épargner plus de 26 millions de vies dans 50 pays.
Les années 2011 et 2012 ont été marquées par de nouvelles découvertes majeures. En 2011, des scientifiques ont démontré que les antirétroviraux ne se contentent pas de traiter le VIH, mais réduisent également considérablement le risque de transmission du virus par les personnes infectées. L’année suivante, les autorités américaines ont approuvé l’utilisation du Truvada pour la prophylaxie pré-exposition (PrEP), une pilule quotidienne destinée aux personnes à risque élevé d’infection, comme les hommes homosexuels et bisexuels, les personnes transgenres et les professionnel(le)s du sexe. Des études ont montré que la PrEP peut réduire le risque de transmission sexuelle d’environ 99 % et par injection d’environ 74 %.
La combinaison des antirétroviraux et de la PrEP a transformé la trajectoire de l’épidémie dans les pays riches. Au Royaume-Uni, par exemple, on a constaté une diminution de deux tiers des nouveaux diagnostics de VIH parmi les hommes homosexuels et bisexuels entre 2015 et 2020.
En 2020, le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA) a fixé des objectifs ambitieux – les objectifs 90-90-90 – visant à ce que 90 % des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique, soient sous traitement antirétroviral et atteignent une suppression virale d’ici 2030. La Suède a été le premier pays à atteindre ces objectifs en 2016, mais en 2020, seuls 19 pays dans le monde avaient pleinement ou presque atteint ces seuils.
En 2024, l’approbation d’une injection semestrielle de lénacapavir, un médicament antirétroviral offrant une protection contre le VIH pendant six mois, a représenté une avancée significative. L’Union européenne a approuvé ce vaccin et des initiatives internationales se sont mobilisées pour proposer des versions génériques abordables du médicament dans les pays à faible revenu d’ici 2027. Plus d’informations sur le lancement du médicament abordable.
Malheureusement, ces progrès sont aujourd’hui menacés. En 2025, des coupes budgétaires importantes ont entraîné des interruptions de services liés au VIH dans de nombreux pays, suite au gel ou au retrait brutal de l’aide étrangère américaine. L’Allemagne et la France, ainsi que d’autres pays européens, ont également réduit leur financement mondial de la santé. Consultez les données sur l’aide mondiale à la santé. Les experts craignent que ces réductions ne compromettent des années d’efforts et n’entraînent une résurgence de l’épidémie, ainsi que d’autres crises sanitaires telles que le paludisme et la tuberculose.
À l’heure actuelle, on estime que 40,8 millions de personnes vivent avec le VIH dans le monde, et que le virus a causé environ 630 000 décès l’année dernière. Le continent africain reste le plus touché, concentrant plus des deux tiers de tous les cas.
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