Publié le 1er décembre 2025 22h18. Une mosaïque artistique, fruit de l’expression créative de personnes vivant avec le VIH, a été offerte à l’hôpital Diakonessenhuis à Paramaribo à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida, symbolisant la solidarité et la lutte contre la stigmatisation.
- Environ 7 900 personnes vivent avec le VIH au Suriname, dont la moitié seulement sont conscientes de leur séropositivité.
- Les hommes ayant des relations sexuelles entre eux, les personnes transgenres et les travailleurs du sexe sont particulièrement vulnérables.
- L’accès aux tests, aux informations et aux traitements reste crucial pour endiguer l’épidémie.
À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida, l’hôpital Diakonessenhuis de Paramaribo a reçu une œuvre d’art unique en son genre : une mosaïque réalisée collectivement par des personnes vivant avec le VIH. L’œuvre a été présentée à l’interniste Marja van Eer, spécialiste du VIH, par l’artiste Ruth-Rachel Joeroeja, qui a coordonné le projet. Cette mosaïque est un puissant symbole de solidarité, de sensibilisation et de la nécessité de mettre fin à la stigmatisation dont sont encore victimes les personnes séropositives.
La création de cette mosaïque s’inscrit dans le cadre d’un programme de sensibilisation au VIH initié par Lianne Cremers (Vrije Universiteit Amsterdam), en collaboration avec l’Université Anton de Kom, l’hôpital universitaire de Paramaribo et plusieurs chercheurs. Une journée créative organisée par la Fondation Raining Colors à Paramaribo a permis aux participants, tous touchés par le virus, de s’exprimer à travers la peinture. Après une séance de motivation animée par Erika Van Der Mark, les participants ont réalisé des œuvres individuelles qui ont ensuite été assemblées pour former la mosaïque finale.
Marja van Eer a souligné lors de la présentation les défis persistants pour atteindre un monde libéré des problèmes liés au VIH.
« Il y a de nombreux revers sur le chemin qui devrait nous conduire à un monde sans problèmes liés au VIH. L’OMS déclare que les objectifs de développement durable doivent être atteints d’ici 2030, ce qui signifie que le VIH/SIDA ne doit plus constituer une menace pour la santé publique. »
Marja van Eer, interniste et spécialiste du VIH
Elle a mis en garde contre le recul du soutien international à la prévention et au traitement du VIH, qui rend plus difficile la détection précoce des nouvelles infections. Les tabous et la discrimination continuent également de constituer des obstacles majeurs.
Selon les estimations les plus récentes, environ 7 900 personnes vivent avec le VIH au Suriname. Seulement la moitié d’entre elles sont conscientes de leur séropositivité. Chaque année, environ 460 nouveaux cas sont diagnostiqués, ce qui représente une prévalence de 1,6% de la population. Les taux de séropositivité varient selon le sexe : 0,9% chez les femmes testées et 2,4% chez les hommes testés, ce dernier chiffre étant préoccupant en raison du diagnostic tardif souvent observé chez les hommes, entraînant un risque accru de complications. La prévalence est également de 1,1% chez les femmes enceintes.
Certains groupes de population restent particulièrement vulnérables en raison des tabous et de la discrimination : les hommes ayant des relations sexuelles entre eux (31%), les personnes transgenres (26%), les travailleuses du sexe (2,1%) et les travailleurs du sexe masculins (52%). Une augmentation des infections sexuellement transmissibles, y compris le VIH, est également observée chez les adolescents et les jeunes femmes enceintes, ce qui représente un risque pour la mère et l’enfant.
Marja van Eer a insisté sur l’importance cruciale de l’accès à l’information, aux conseils, aux tests et aux traitements pour les personnes exposées au risque de contamination. Grâce aux traitements antirétroviraux modernes, les personnes séropositives peuvent mener une vie saine et épanouie. Elle a lancé un appel à la solidarité pour que personne ne soit laissé pour compte dans la lutte contre le VIH.
« Les personnes touchées par le VIH ne doivent pas être laissées pour compte. Ne laisser personne de côté est une responsabilité de nous tous. »
Marja van Eer, interniste et spécialiste du VIH
L’hôpital Diakonessenhuis s’engage depuis 1995 dans l’accompagnement des personnes séropositives et de leurs proches. L’institution se dit honorée d’accueillir cette œuvre d’art qui témoigne de la force et de la résilience des personnes vivant avec le VIH.