Publié le 2024-05-03 10:30:00. Le vaccin contre le virus du papillome humain (VPH) est un outil essentiel de prévention contre plusieurs cancers, mais il est souvent l’objet de fausses informations. Face à la propagation de ces rumeurs, les autorités sanitaires brésiliennes rappellent l’importance de la vaccination, gratuite et accessible à tous les jeunes.
- Le vaccin contre le VPH est proposé gratuitement par le Système de santé unifié (SUS) aux jeunes de 9 à 19 ans au Brésil.
- Des groupes prioritaires, notamment les personnes immunodéprimées et les victimes de violences sexuelles, peuvent bénéficier du vaccin jusqu’à 45 ans.
- Une dose unique du vaccin est désormais suffisante pour une protection durable, selon les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Le vaccin contre le VPH est une arme de prévention majeure contre divers cancers, notamment ceux du col de l’utérus, du vagin, de la vulve, du pénis, de l’anus et de l’oropharynx. Pourtant, de nombreuses idées fausses circulent, alimentant la méfiance et freinant l’adoption de ce geste de santé publique. Au Brésil, le SUS propose une vaccination gratuite en une seule dose pour les jeunes de 9 à 19 ans, une stratégie visant à les protéger avant le début de leur vie sexuelle, période de plus grande vulnérabilité à l’infection et où la réponse immunitaire au vaccin est optimale.
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 620 000 femmes et 70 000 hommes ont reçu un diagnostic de VPH dans le monde en 2019. En 2022, l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS) a recensé plus de 78 000 nouveaux cas de cancer du col de l’utérus dans les Amériques, entraînant plus de 40 000 décès. Au Brésil, l’Institut National du Cancer (INCA) estime à 17 010 le nombre de cas de cancer du col de l’utérus chaque année, causant 7 209 décès et en faisant la troisième cause de décès par cancer chez les femmes. Le cancer du pénis, bien que moins fréquent, représente 2 % de tous les cancers chez les hommes, avec une prévalence plus élevée dans les régions du Nord et du Nord-Est du pays, selon le ministère de la Santé.
Pour contrer la désinformation, le docteur Mário Bochembuzio, pédiatre et responsable médical du développement clinique de Butantan, a déconstruit les dix fausses nouvelles les plus répandues sur le vaccin contre le VPH :
« Le vaccin sert à protéger les enfants et les adolescents avant qu’ils ne commencent une activité sexuelle, car le VPH se transmet lors d’un contact intime et peut provoquer différents types de cancer. »
Mário Bochembuzio, pédiatre et responsable médical du développement clinique de Butantan
1. Le vaccin encourage l’initiation à l’activité sexuelle. FAUX. Aucune étude ne démontre un lien entre la vaccination et un début d’activité sexuelle plus précoce. Il s’agit d’une affirmation sans fondement scientifique. La vaccination est un acte de prévention essentiel pour protéger les jeunes contre des maladies graves.
2. Le vaccin provoque le cancer. FAUX. C’est tout le contraire : le vaccin prévient le cancer. Il agit en exposant le système immunitaire à des particules inoffensives du virus, lui permettant de le reconnaître et de le combattre en cas d’infection réelle.
3. Le vaccin n’est pas sans danger pour les enfants et les adolescents. FAUX. Le vaccin est sûr et efficace pour ce groupe d’âge, et c’est précisément à cet âge que la réponse immunitaire est la plus forte. Il est intégré au Calendrier national de vaccination depuis 2014 et approuvé par l’Agence nationale de surveillance de la santé (Anvisa).
4. Le vaccin contre le VPH contient beaucoup d’aluminium et est nocif. FAUX. La quantité d’aluminium présente dans le vaccin est minime et validée par Anvisa. L’aluminium est utilisé comme adjuvant dans de nombreux vaccins depuis des décennies, en quantités infimes et sans danger pour la santé.
5. Le vaccin à dose unique est moins efficace. FAUX. Des études récentes, confirmées par l’OMS, démontrent qu’une seule dose offre une protection forte et durable. Le ministère de la Santé a adopté cette stratégie en 2024 pour élargir la couverture vaccinale.
Le SUS propose donc gratuitement le vaccin contre le VPH aux filles et aux garçons de 9 à 19 ans, selon un schéma vaccinal unidose. D’autres groupes à risque, tels que les personnes vivant avec le VIH, les transplantés, les patients atteints de cancer et les victimes de violences sexuelles, peuvent également être vaccinés jusqu’à 45 ans.
6. Le VPH ne provoque le cancer que chez les femmes, les hommes n’ont donc pas besoin du vaccin. FAUX. Les hommes sont également susceptibles de développer des cancers liés au VPH, notamment le cancer du pénis, de l’anus et de la gorge. La vaccination des garçons contribue à protéger leur santé et celle de leur entourage.
7. Le vaccin provoque des convulsions, des problèmes neurologiques ou une perte de mouvement. FAUX. Plus de 15 ans d’études n’ont révélé aucun lien entre le vaccin contre le VPH et ces pathologies.
8. Le vaccin provoque l’infertilité, la stérilité ou une ménopause précoce. FAUX. Au contraire, le vaccin protège la fertilité en prévenant le cancer du col de l’utérus et les infections à VPH, qui peuvent affecter la fertilité masculine et féminine.
9. Le vaccin augmente le risque de caillots sanguins (thrombose). FAUX. Des études rigoureuses n’ont pas mis en évidence de lien entre la vaccination et un risque accru de thrombose.
10. Le vaccin provoque une réaction anaphylactique. C’EST TRÈS RARE. Bien que possible, une réaction allergique grave (anaphylaxie) est extrêmement rare, survenant dans environ 0,65 à 1,53 cas par million de doses administrées. Les professionnels de la santé sont formés pour gérer ces situations.
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